
C'était la bonne nouvelle de 2006 : le retour de Paul Verhoeven dans son pays d'origine apparaît dès les premières bobines de Black Book, comme revigorant et libertaire pour le Hollandais violent qui en profite pour revenir à ses premières amours et glisser quelques allusions subreptices à ses films réalisés aux Pays-Bas. Son cinéma n'a rien perdu de sa virulence ni même de son intelligence. Black Book, dont le récit est d'autant plus édifiant qu'il est inspiré d'une histoire vraie, permet au réalisateur de Starship Troopers à revisiter un pan de l'histoire de son pays tout en l'égratignant méchamment comme à l'époque de Soldier of Orange. La progression dramatique, construite sur le canevas grandeur et décadence à travers un personnage féminin qui n'hésite pas à user de son charme pour parvenir à ses fins, évoque Katie Tippel, modèle repris dans Showgirls, même si la relation amoureuse et ambiguë entre l'officier nazi et la résistante blonde renvoie inconsciemment aux mantes religieuses manipulatrices que Verhoeven aimait à mettre en scène dans ses premières oeuvres (Le quatrième Homme dont la bisexualité, les fantasmes et l'érotisme chic/choc ont été repris dans Basic Instinct).

Bien sûr, Black Book est ultra attendu en DVD en France. Alors que quelques éditions import (sans français, sans sous-titres) circulent dans les boutiques, Pathé a décidé d'attendre la fin de l'année 2007 pour sortir le dernier film de Paul Verhoeven. Si on peut enrager devant une telle décision, elle se justifie néanmoins un peu : Black Book a été aussi attendu par les fans qu'il a connu un four retentissant lors de sa carrière au cinéma. Pathé Vidéo se justifie donc de cette attente face au résultat des ventes de DVD qui en fin d'année explose pour chacun de ses titres. Une réalité économique que l'on peut rattacher à notre satisfaction de voir le film rencontrer le plus ses spectateurs.
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