
Dès ses premières images, Le Labyrinthe de Pan dépasse la première de ses promesses. Nous espérions un festin visuel; nous voici à déguster une succession ininterrompue de toiles en mouvement. Passée une ouverture à survoler un royaume féérique, le film débute réellement lorsque des voitures de luxe traversent une forêt, et s'arrêtent pour nous présenter leurs occupants. La caméra mobile de Guillermo Navarro, avec sa façon de systématiquement fermer le cadre par des accessoires au premier plan (phare de voiture, branche d'arbre) nous renvoie immédiatement à L'Echine du Diable. Les violents contrastes de couleur (costumes d'officiers, voitures noires, forêt vert foncé et héroïne immaculée) sont dans la droite lignée d'Hellboy. Et à cela s'ajoute un usage, nouveau chez ce metteur en scène, de la lumière qui sépare avec délicatesse les zones claires et obscures, loin du caractère enflammé des films précédents, comme si la passionaria avait cédé sa place à une vraie mélancolie. Visuellement donc, Le Labyrinthe de Pan est le plus beau film à nous être parvenu cette année, offrant à certaines occasions (l'entrée dans l'arbre mort qui sert d'affiche) une grâce du mouvement qu'on atteint généralement que dans le cinéma d'animation.
L'édition HD-DDVD du film rend parfaitement hommage au traitement visuel de la version cinéma. La preuve avec la galerie de photos tirées du HD-DVD ci-dessous :
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