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Interview : henry alex rubin (murderball)
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INTERVIEW : HENRY ALEX RUBIN (MURDERBALL)

INTERVIEW : HENRY ALEX RUBIN (MURDERBALL)

Tout sur Murder Ball - La Critique - Le 0000-00-00 00:00:00


A l'occasion de la sortie de l'excellent Murderball (courez le voir au plus vite), nous avons rencontré le sympathique réalisateur du film. Et en plus Henry Alex Rubin s'exprime dans un français excellent. C'est parti...

Parlez nous de la sortie, seulement cette semaine en France alors que le film est sorti depuis deux ans aux Etats-Unis ?
Oui c'est quelque chose de très étrange... Les distributeurs français ne voulaient pas entendre parler d'un film sur des handicapés en chaise roulante, c'est un sujet très difficilement vendable. Paradoxalement le film a cartonné aux Etats-Unis alors qu'en Amérique le culte de l'apparence, de la perfection est encore plus grand qu'en France. Les Américains sont très superficiels, il faut avoir les dents blanches, être musclé, bronzé... tout doit être parfait. C'est choquant que le film soit devenu un phénomène aux Etats-Unis et qu'en France on ne veuille pas en entendre parler. On ne s'attendait pas du tout à un tel accueil en Amérique.

murderball

C'est vrai que ce n'est pas un sujet, de prime abord, forcément très joyeux et pas très vendable...
Oui c'est clair, moi aussi quand j'ai entendu parler la première fois de ce sport, des handicapés en général, j'ai trouvé ça déprimant, j'ai eu pitié, et du coup je n'étais pas très chaud. Au début j'étais gêné, je ne savais pas comment en parler... Maintenant trois, quatre ans après, je n'ai que de l'admiration pour ces mecs. Ils sont géniaux, super drôles...

Le film est tout le contraire de ce qu'on pouvait attendre, c'est très drôle, spectaculaire... Il n'y a aucun tabou, comme par exemple le passage sur la sexualité...
Oui, c'est la question que tout le monde se pose sur les handicapés... Tout d'abord il faut comprendre que ces mecs sont des casse-cous, ils se foutent complètement de leur sécurité. Ils ont eu des accidents horribles : il y en a un qui a survécu à un crash, l'autre est tombé d'un balcon après une bagarre,... et depuis ils n'ont plus peur de rien. Ils sont très combatifs, ils ont un esprit très fort. Tu as ce groupe de mecs qui aiment vivre. Ils se sont pétés le coup mais ils veulent continuer à vivre. Ils ne veulent pas rester devant la télé toute la journée pour le reste de leur vie. Alors quand ils sont à l'hôpital en rééducation, la première question qu'ils posent c'est s'ils vont pouvoir baiser encore, s'ils peuvent se branler ou si c'est foutu ? Pour la plupart ils peuvent prendre du Viagra et c'est reparti. Dans des rares cas il y en a qui n'ont pas besoin de ça. Ils adorent baiser ! Et ils peuvent baiser pendant des heures et les filles adorent ça. Ils ont énormément de petites copines, c'est incroyable. Quand on faisait le tour dans tous les festivals aux Etats-Unis, ils n'arrêtaient pas de ramener des filles. Plus que nous (rires). Moi... personne ! J'étais dans ma chambre d'hôtel tout seul et pour les mecs en chaises roulantes chaque soir c'était la fête ! A l'hôpital ils ont une cassette sur le sexe. Mais cette cassette est vraiment super ringarde, elle date des années 80 avec un vieux docteur pourri qui explique comment baiser à nouveau (il prend une voix pincée) : « Oui vous pouvez dans certains cas insérer votre pénis... ». Tout le monde se moque de cette vidéo et quand les mecs me l'ont filée je me suis dit qu'il fallait absolument en mettre un extrait dans le film.

C'est l'un des meilleurs passages du film d'ailleurs. Comment avez-vous découvert le murderball ?
Tout d'abord il faut expliquer ce qu'est ce sport. On est 3 contre 3, avec des chaises roulantes style Mad Max, et il faut passer la ligne adverse avec le ballon comme au rugby ou au football américain. J'en ai entendu parler d'abord dans un petit article dans un obscur quotidien régional dont j'ai oublié le nom en Arizona. Mon collaborateur a voulu faire un reportage pour le magazine Maxim et m'a appelé pour voir si ça ferait un bon sujet de film. On est allé en Suède pour voir des matchs, et dès le premier jour on a rencontré Joe Soares, l'entraîneur de l'équipe du Canada. Il est complètement fou. C'était un ancien joueur américain qui s'est fait virer de l'équipe nationale parce que tout le monde le détestait, et pour se venger il est parti entraîner les Canadiens, éternels rivaux des Américains. Déjà là c'est assez drôle et quand on a filmé le match opposant les Américains aux Canadiens on a su immédiatement qu'il fallait en faire un film. Les Canadiens ont battu pour la première fois les Américains, et d'un point seulement en ayant marqué dans les dernières trois secondes de jeu. C'était sensationnel et choquant à la fois pour le monde du Murderball. C'était comme un tremblement de terre à travers le monde. Il y a des équipes partout... au Japon, en Belgique, en Australie... C'est vraiment un autre monde sportif inconnu du grand public. Et donc après le match on s'est dit qu'il fallait suivre leur préparation en vue des J.O. paralympiques d'Athènes, deux ans plus tard. Et pendant ces deux années on a eu des choses vraiment dramatiques comme la crise cardiaque de Joe en plein milieu du tournage, et puis son opération...Ce sont des choses qu'on ne peut pas inventer. On a juste capturé la réalité comme elle se présentait à nous.

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C'est ça qui est hallucinant avec Murderball, c'est qu'en plus d'être un documentaire sur les handicapés c'est aussi un vrai film de sport avec tous les codes du genre : les rivalités, la défaite, l'entraînement en vue de la revanche dans un grand tournoi, les doutes et les accidents...
Oui nous aussi on n'y croyait pas quand ça arrivait. Et pour la petite anecdote il y a quelques temps, le site Rotten Tomatoes a fait un classement des meilleurs films de sport de tous les temps et on a fini deuxième derrière un film de baseball dont j'ai oublié le nom. On est même arrivé devant Rocky qui est l'un de mes films préférés ! C'était incroyable ! Je ne sais pas si moi-même j'aurais classé Murderball aussi haut (rires). Mais c'est un grand honneur. Des gens me disent que c'est devenu un classique du film de sport, il y a tous les ressorts dramatiques du genre. Comme dans Rocky. C'est un film qui me fait encore pleurer. Je sais que Stallone n'est pas reconnu à sa juste valeur, on le prend pour un débile, alors que le mec il fait son premier film et c'est un chef d'oeuvre.

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Murder Ball

Un film de Henry Alex Rubin Dana Adam Shapiro

Durée 86 minutes

Sortie le 13 Juin 2007

 

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