
THE SPIRAL : TEST + DOSSIER (RING OU LE VIRUS DES ADAPTATIONS)
Tout sur THE SPIRAL - Le 0000-00-00 00:00:00Il faudra lire la trilogie de Suzuki jusqu'au dernier chapitre pour savoir quelle est véritablement la nature du virus RING. Nous nous attarderons aujourd'hui sur la prolifération des adaptations filmiques, qu'elles soient japonaises, coréennes ou américaines, à travers un petit guide des longs métrages inspirés par la saga.

RING
RING (1998), de Hideo Nakata
On doit probablement au légendaire film de Nakata les procédés dont usent et abusent la plupart des films d'épouvantes d'aujourd'hui, à commencer par les récurrentes apparitions de petites filles ou de femmes à cheveux longs et en robe blanche. Ring met en scène une journaliste du nom d'Asakawa qui enquête de sa propre initiative sur une mystérieuse cassette vidéo liée à la mort subite et inexpliquée de sa nièce. Si la trame reste assez proche des événements décrits dans le roman, Nakata s'autorise quelques libertés de taille. Outre la féminisation du personnage principal (Asakawa est un homme dans le roman) ayant pour but de servir les thématiques personnelles du metteur en scène, le film bouleverse totalement la nature de l'objet de toutes les terreurs. Non, Sadako n'apparaît pas dans le roman sous les traits d'une petite fille aux cheveux longs et gras. Sadako grandit, Sadako vit et ressent, Sadako s'humanise. Nous ne ferons pas davantage de révélations afin de ménager la surprise des potentiels lecteurs (choc assuré).
Le long métrage de Nakata trahit certes le personnage phare de la saga Ring, mais il s'impose aussi comme la nouvelle référence du film d'horreur, un genre alors dominé par les productions américaines à la sauce Scream. Servi par une narration habile et par le génie de la mise en scène de Hideo Nakata, lequel se refuse à tout recours facile au spectaculaire au profit de la création d'une ambiance insidieusement glaçante, Ring fait revivre le film d'horreur traditionnel à la japonaise, avec sa part de mystère, ses terreurs en provenance du hors champ. Une expérience tétanisante, un grand film. Au Japon, Ring traumatise tellement le public que nombre de foyers n'osent plus éteindre leurs télévisions pendant la nuit. Quant à Sadako (la version Nakata), on la retrouve partout, jusque dans les mangas pour des caméos en tous genre. La petite fille aux cheveux longs est devenue la nouvelle star.

THE SPIRAL
THE SPIRAL (1998), de Jôji Iida
Réalisé la même année que le film de Nakata, The Spiral poursuit la saga en adaptant le second volume du roman, sorti en France sous le titre de Double Hélice. Au contraire de Ring, The Spiral ne travestit que très peu les idées de l'oeuvre. En dépit de quelques entorses, elle en respecte même davantage l'esprit en adoptant la forme d'un polar fantastique plutôt que celle d'un film d'horreur. Si l'enquête passionnante menée par Ando dans le roman se voit grandement simplifiée dans le film de Iida - les enjeux génétiques et philosophiques en souffrent, malheureusement -, le cinéaste parvient toutefois à installer efficacement une ambiance étrange et un malaise palpable, sans pour autant oublier de s'attarder sur ses personnages, dont le principal se voit impeccablement interprété par Kôichi Satô. Imparfait mais largement sous-estimé à sa sortie, The Spiral encaisse un flop commercial et reste dans l'ombre de la franchise initiée par Nakata.

THE SPIRAL
RING 2 (1999), de Hideo Nakata
L'échec de The Spiral et le succès retentissant de Ring donnent des idées aux producteurs désireux d'exploiter un filon qui marche. Et peu importe si le résultat n'a plus rien à voir avec le matériau d'origine. Réalisé par Hideo Nakata, Ring 2 se présente donc comme une séquelle grossière qui tente vainement de reproduire les effets phares du premier opus en s'appuyant sur un scénario mal construit dont le final invraisemblable n'a pas fini de provoquer des fous rires. On retiendra toutefois une séquence forte, celle de l'analyse de la vidéo, la seule à créer la surprise et à inspirer un léger sentiment de malaise.
THE RING VIRUS (1999), de Kim Dong-Bin
Inutile de commenter cette tentative coréenne de surfer sur la vague Ring, et cela en dépit de la présence au générique de Shin Eun-Kyung, future interprète de My Wife Is A Gangster. Soyons toutefois indulgent avec ce projet réalisé en 1999, époque à laquelle les films coréens s'essaient tout juste au cinéma fantastique et ne se tournent qu'avec des moyens limités. On préfèrera toutefois mille fois revoir un Gingko Bed ou même un Soul Guardians.
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