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CINE : FRAGILE(S)

    L'un des reproches récurrents faits au cinéma français est sa fâcheuse tendance à tourner en rond. Malheureusement, Fragile(s) illustre parfaitement ce vilain péché, s'inscrivant dans la lignée de nombreux films récents avec ce désagréable goût de déjà vu.

FRAGILE(S)
Un film de Martin Valente
Avec Jean-Pierre Darroussin, François Berléand, Jacques Gamblin
Durée : 1h47
Date de sortie : 20 juin 2007

fragile(s)

Les destins de six personnages se croisent, se confrontent ou s'entremêlent à un moment de leurs vies où ils ne savent plus trop quel chemin emprunter. Le hasard des rencontres chamboulera leurs certitudes, ravivera leurs doutes. Au bout, peut-être l'espoir.

C'est un fait, un constat sans préjugé ni a priori négatif : Martin Valente réalise avec Fragile(s) à peu de choses près son Ma Place au soleil, qui lui-même rappelait par certains côtés J'attends quelqu'un (déjà avec Darroussin), qui s'inspirait fortement de... Bref, en matière de renouvellement et d'originalité, il faudra repasser. Sans même parler de la mode du moment, étant de réaliser un film choral. Fragile(s), donc, comme tous ses aînés, s'appuie, ou tente de s'appuyer sr la multiplicité des personnages pour créer une complexité se croyant subtile. Sauf qu'il ne s'agit ici que d'une illusion, une mosaïque totalement artificielle qui ne s'inscrit jamais dans un projet artistique digne d'intérêt.

fragile(s)

Car si la cohérence est au rendez-vous, sorte d'acrobatie narcissiquement réussie mais d'une vacuité scénaristique désespérante, l'histoire ne suscite jamais aucune vibration. Tout simplement parce que la corde sensible de tout à chacun ne peut résolument pas vibrer face à des personnages sans âme, agencés de manière mécanique dans le récit. Pourtant, à chaque portrait le réalisateur essaye d'insuffler une émotion différente, particulière, unique. Mais l'entreprise s'avère vaine, faute d'une écriture assez rigoureuse pour rendre crédibles tous les protagonistes.

Dommage car le choix des acteurs se révélait de prime abord judicieux, les Berléand, Darroussin et autre Gamblin connaissant ce type de rôles sur le bout des doigts. Peut-être eut-il fallu d'ailleurs tabler sur des acteurs moins confirmés, pour apporter un peu plus d'authenticité à l'ensemble. En tout cas, Fragile(s), malgré une évidente bonne volonté, ne marque en aucun cas les esprits. Trop fragile, c'est sûr.

Laurent Tity

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