

Commençons par une petite mise au point : contrairement aux idées reçues, Nana n'est pas un manga shôjo mais rentre de plein pied dans la catégorie josei, qui englobe les mangas destinés aux adolescentes et aux femmes adultes. La manière dont Ai Yazawa ancre son récit dans le quotidien, avec un accent "tranches de vie" très prononcé, le ton très libre qu'elle emploie en matière de relations amoureuses et sexuelles, beaucoup plus adulte que ce que l'on trouve dans le shôjo type, et bien sûr l'âge des protagonistes (proches de la vingtaine et non de la tranche usuelle des quinze/seize ans maximum), ne laissent place à aucune ambiguïté. Attention, qui dit manga josei ne signifie pas pour autant que le public masculin est exclu, tout comme le public féminin pourra aisément trouver son compte dans le seinen, son équivalent direct. Les thématiques explorées par l'auteure de Nana sont suffisamment universelles pour transcender ces catégorisations souvent artificielles (car davantage liées aux supports de publications des oeuvres qu'à leur contenu réel) et l'univers original et coloré qu'elle creuse avec brio de volume en volume a tout pour séduire les amateurs de tout poil de grandes et belles histoires.

NANA, LA SERIE
A l'origine, Nana avait été envisagé par Ai Yazawa comme un one-shot, c'est-à-dire une histoire en un unique volume. Le volume 1 est ainsi conçu comme un diptyque, dont le premier grand chapitre est centré sur Nana Komatsu, naïve et indécise jeune femme qui rêve encore du grand amour et d'un beau mariage, tandis que le deuxième s'intéresse à Nana Osaki, chanteuse punk déterminée à s'imposer sur la scène musicale, quitte à enfouir ses sentiments au plus profond de son coeur. La fin étant suffisamment ouverte pour laisser le champ libre à une suite, la mangaka n'a finalement pas pu résister à organiser la rencontre de ces deux jeunes femmes si différentes et complémentaires à la fois. Le face à face survient d'ailleurs assez rapidement au début du volume 2, au cours du trajet qui extirpe les deux Nana de leurs provinces respectives pour les mener à Tokyo, vaste territoire inconnu et fantasmé différemment par chacune d'entre elles. A l'instar du film live de Kentarô Otani, la série animée Nana s'ouvre sur cet épisode cocasse du train, au cours duquel Nana Komatsu se laisse aller au bout de quelques minutes à peine à raconter sa vie à cette mystérieuse jeune femme qui n'a de points communs avec elle que son âge et son prénom. Dans les deux adaptations, live et animée, les événements qui précèdent seront ensuite réintégrés par petites touches dans l'intrigue, sous forme de flash-back intervenant à point nommé pour remettre en perspective les péripéties qui bouleversent les destinées imprévisibles des deux héroïnes. Mais alors que la série s'étend sur pas moins de 47 épisodes et couvre de fait une bonne partie du manga (sachant que le premier coffret se termine à la fin du cinquième chapitre du volume 3), le film ne dépasse pas le cinquième volume et il faudra attendre le tout récent Nana 2 (toujours réalisé par Kentarô Otani) pour connaître la suite des aventures des deux jeunes femmes et de leurs proches.

NANA, LA SERIE
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