
MR. BROOKS
Un film de Bruce A. Evans
Avec Kevin Costner, William Hurt, Demi Moore
Durée : 2h
Date de sortie : 29 août 2007

Mari exemplaire, homme d'affaires accompli et père dévoué, Mr Brooks est l'homme idéal. Mais sous cette façade se cache un serial killer insoupçonnable, jusqu'au jour où un photographe le surprend. Commence alors un jeu dangereux entre les deux hommes et la détective Atwood, chargée de l'enquête...
Kevin Costner et Demi Moore sont de retour ! Et ça ne fera pas grand bruit... Mr Brooks, énième vaine tentative filmique chargée de remettre sur le devant de la scène des comédiens en manque de projets excitants, est une erreur de plus dans la filmographie de nos deux têtes d'affiche.
Cependant, il n'y a pas tromperie sur la marchandise, le film démarre immédiatement très mal et ne promet, dès le premier quart d'heure, absolument rien au spectateur, si ce ne sont quelques rires gênés et de lourds soupirs. Costner annonce la couleur dès son premier meurtre : il en fera des tonnes. On l'excuse assez vite, on comprend que les scénaristes ne l'ont pas aidé en créant ce personnage schizophrène et psycho-rigide archi caricatural. Bon père de famille le jour aimant la céramique (!), serial-killer à l'aspirateur la nuit, il fait de drôles de grimaces lorsqu'il tue : c'est sa manière à lui de nous dire qu'il est content... Bref, c'est mal parti, d'autant que le tableau suivant le montrant nu comme un ver face à son four à poterie, ne fait que rendre encore plus ridicule ce personnage sensé être terrifiant. C'est loupé.

Étonnamment, le film emprunte alors brièvement des voies qui auraient bien mieux servi une comédie qu'un thriller psychologique. Ainsi, les séquences de dialogues avec un William Hurt chargé d'interpréter le côté obscur de Brooks ou la réunion hebdomadaire d'accro-anonymes font plus penser à Mon Voisin le tueur qu'à Seven. Reste à savoir si le but des scénaristes n'était pas de nous faire rire. En tout cas, eux, ils ont dû bien rigoler... D'ailleurs quand ils se sont rendus compte que le film manquait cruellement de rythme et de scènes phares, ils ont simplement, et ce de manière extraordinaire, greffé une intrigue n'ayant absolument rien à voir avec l'histoire mais servant de caution pour deux scènes d'action d'une lourdeur infinie. En effet, Demi Moore, qui interprète ici une flic bien décidée à être décidée, est, en parallèle de son enquête sur Brooks, recherchée par un évadé qui cherche à lui faire la peau. Ce dernier va la kidnapper dans un van, la menacer avec son arme, la forcer à tirer les cheveux de la conductrice décolorée (si, si !) et va finir par l'éjecter sur le pare-brise d'une voiture...

Pour couronner le tout, le personnage de Moore est en instance de divorce mais héritière d'une fortune familiale. Ca, c'est pour l'aspect psychologique. La comédienne, déjà bien occupée à lutter contre l'effet du temps sur son corps, décide alors de traverser le film en cachette, en faisant gaffe à ne pas laisser de traces derrière elle. Les personnages secondaires, avec en tête Mr Smith, interprété par Dane Cook, comédien de stand-up ultra célèbre aux États-Unis, n'aidant pas à donner un minimum d'ampleur au métrage, le tout reste bien sage et trop peu original. Au final, pas grand-chose à sauver de ce pudding indigeste où l'accumulation de situations grotesques et invraisemblables ne fait que desservir une idée quelque peu intéressante mais prétexte à bien trop d'absurdités.
Kevin Dutot
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