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LE COIN DU CINEPHILE : FORBIDDEN ZONE (RICHARD ELFMAN)

Tout sur FORBIDDEN ZONE - Le 0000-00-00 00:00:00


    Richard Elfman, frère de Danny, a concocté avec Forbidden Zone, un drôle de film décousu et fascinant dans lequel des personnages farfelus swinguent de concert sur des mélodies tannantes pour oublier qu'ils sont peut-être en train de rêver. Un beau cauchemar vaut mieux qu'un mauvais songe. Qui s'en plaindra ? Pas nous.

"De son budget (faible) à son contenu (cintré), ce film suinte un vrai esprit indépendant."


Qu'on se le dise : un film dans lequel on peut voir une grenouille géante danser le twist ne peut pas être foncièrement mauvais. D'ailleurs, Tim Burton adore ce Forbidden Zone, conte onirique charmant shooté à Rod Serling qui reprend sommairement la structure de Alice aux pays des merveilles sans en suivre l'illogisme vertigineux et Kafkaïen. Rien d'étonnant à cela : on retrouve toute la culture freak dans ce premier film de Richard Elfman, frère de Danny, réalisé au moment où après de longs vagabondages avec Jérôme Savary dans sa troupe du Grand Magic Circus, l'homme revient gonflé à bloc dans le Los Angeles de son enfance. La bizarrerie de l'objet (uniquement disponible en zone 1) s'exprime jusque dans le choix du casting qui propose un défilé de cas singuliers du cinéma américain (Susan Tyrrell que l'on reverra par la suite dans La chair et le sang et Cry Baby ; Joe Spinell, second couteau indispensable de la série B ; ou encore Hervé Villechaize, connu pour la série L'île fantastique). Le reste du casting est composé de membres de l'équipe (inoubliable Danny Elfman en diable) et surtout les Mystic Knights Of Oingo Boingo, troupe de Elfman composée de douze acteurs musiciens qui naguère fomentaient des reprises de chansons popu. Leur présence - étrange - était indiscutable. Tout simplement parce qu'ils sont à l'origine, eux aussi, de Forbidden Zone.


Au départ, Richard a filmé en 16mm une dizaine de numéros musicaux pastichant le jazz ou la culture juive interprétés par la troupe et les a regroupés sous le titre The Hercules Family. Au fil du travail, il a décidé de réaliser un long en 35 dont la structure s'apparenterait à une succession approximative mais cohérente de sketches musicaux mis les uns à la suite des autres, basées sur les concepts des courts. L'histoire ? Une famille barrée emménage dans une maison dont la cave possède une entrée vers la cinquième dimension (baptisée par les personnages «zone interdite»). La fille bimbo qui revient à peine de ses études en France profite de l'occasion pour la visiter et rencontrer un univers loufoque et festif dirigé par le roi Fausto (un nain manipulé) et la reine Doris (une névrosée autoritaire). C'est un prétexte à un déferlement de situations rocambolesques sur le mode de la comédie musicale. Un peu sur le même principe que The Rocky Horror Picture Show et finalement Charlie et la Chocolaterie, que l'on qualifiait à tort de Rocky Horror Picture Show pour enfants. L'avant-dernière poudre aux yeux de Burton était véritablement un Forbidden Zone pour enfants. Rien de moins. Sauf qu'à l'inverse de Charlie et la chocolaterie, il émanait un vrai éloge des marginaux et un vrai amour des gens différents dans Forbidden Zone. Si on creuse plus loin, on pourrait presque dire que le film de Elfman est l'anti-Charlie et la chocolaterie et qu'incontestablement notre coeur balance plus d'un côté que de l'autre.

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