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CINE : 28 SEMAINES PLUS TARD

CINE : 28 SEMAINES PLUS TARD

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L'horreur anglaise n'a pas été aussi bonne depuis The descent (Neil Marshall, 2005). Avec 28 semaines plus tard, suite-surprise du 28 jours plus tard de Danny Boyle, le cinéaste espagnol Juan Carlos Fresnadillo met en scène un remarquable film d'horreur aux images chocs et aux idées percutantes. Mieux vaut vous préparer à la claque.

28 SEMAINES PLUS TARD
Un film de Juan Carlos Fresnadillo
Avec Robert Carlyle, Rose Byrne, Catherine McCormack
Durée : 1h31
Date de sortie : 19 septembre 2007

28 weeks later

Pour la suite de son excellent 28 jours plus tard, Danny Boyle a eu la bonne idée d'opérer en tant que co-producteur et de céder sa place à l'Espagnol Juan Carlos Fresnadillo, auteur du très estimable Intacto. Les deux épisodes se complètent idéalement par des styles visuels, des enjeux dramatiques et des préoccupations socio-politiques dissemblables. Ironiquement, l'Espagnol souligne sa nationalité importée à travers les enfants d'un couple anglais qui reviennent sains et saufs d'un long périple ibérique. Certaines figures de style sont identifiables : le monologue du père incarné par Robert Carlyle tiraillé entre des sentiments ambivalents (amour pour ses enfants, culpabilité par rapport à sa femme, haine pour son égoïsme couard) évoque celui de Max Von Sydow sur la chance dans Intacto. Derrière le metteur en scène doué, se cache une plume de talent qui plébiscite le mélange des genres. La substance de son premier long métrage était suffisamment intrigante pour tenir de différents genres (mélo, fantastique, thriller). Il applique la même recette dans 28 semaines plus tard en plaquant des effets horrifiques plus ou moins inédits comme l'alternance de silences avec des mouvements brusques de panique.

28 weeks later

La répétition des plongées permet de constater l'état de Londres décimé en contrepoint aux inquiétudes d'une famille soudée par l'affection mais obligée de (se) tuer par instinct de survie. On pourrait arguer que c'est le même refrain dans tous les films de zombie mais le cinéaste formule des zones d'ombre qu'on ne découvre que progressivement. Il n'oublie pas pour autant que le spectateur est là pour s'amuser comme le prouvent la grande scène de l'hélicoptère qui zigouille efficacement tout plein de zombies ou la fameuse séquence de l'alerte rouge où des militaires sous influence US doivent tirer sur la foule sans faire de distinction entre les contaminés et les non contaminés. Par des détails de ce genre, Fresnadillo touche à une certaine immoralité en pointant du doigt la déshumanisation d'une société vouée à la perte. En cela, on est presque plus proche des Fils de l'homme d'Alfonso Cuaron qui se déroulait également à Londres que de la première version de Danny Boyle. C'est loin d'être un défaut.

28 weeks later

La virtuosité première de ce second opus consiste à ce que le fan d'horreur se méfie de ses propres préjugés en tant que spectateur. Comme s'il l'invitait à une expérience nouvelle. Lorsque le silence et l'obscurité s'imposent, il est difficile de prévoir s'il s'agit d'une menace ou d'une fausse piste. Ce qui résume ce doute, ce sont les dix premières minutes du film, à couper le souffle, qui constituent un prologue suffisamment impressionnant pour mettre en condition. Ensuite, la mécanique ralentit la cadence pour réserver plus tard des surprises sanglantes. Au même titre que Cuaron (second point commun), Fresnadillo place l'enfance comme symbole de l'innocence dans une société phagocytée. Le fils de la famille est considéré comme le plus jeune du pays. Ça explique notamment la faculté avec laquelle les deux enfants pénètrent dans la zone interdite à la recherche de leurs propres souvenirs et des restes de leur mère. L'effet fonctionne à double tranchant: involontairement, ils deviendront les responsables d'une catastrophe monumentale dans un système a priori sécurisé et infaillible comme l'armée. Dès lors que l'horreur se propage à la vitesse éclair d'une renaissance de contamination, le réalisateur invite dans un survival électrisant où on ne sait plus où donner de la tête.

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