
2 DAYS IN PARIS
Un film de Julie Delpy
Avec Adam Goldberg, Julie Delpy, Daniel Brühl
Durée : 1h36
Date de sortie : 11 juillet 2007

Marion est française, Jack est américain. Jeune couple vivant à New York, les deux tourtereaux aux caractères bien trempés profitent de leur retour de vacances à Venise pour faire un crochet par Paris. Et là, l'inévitable se produit, le choc des cultures fait rage... Le couple y survivra-t-il ?
Par sa vie aux Etats-Unis, par ses expériences professionnelles outre-Atlantique, par son amour pour les arts et lettres du monde entier, Julie Delpy s'intéresse depuis longtemps aux différences culturelles et divers antagonismes entre la France et les Etats-Unis. Son film traite donc logiquement de ces petits détails qui font au final une si grande différence entre les deux côtés de l'Atlantique. La réalisatrice en herbe s'amuse ainsi à passer en revue les nombreux préjugés, des sujets de fond aux plus anodins, qui séparent deux cultures, et ce avec la volonté permanente d'en rire. Un humour bienvenu ayant pour effet de dédramatiser ces éternelles querelles, mais un humour qui touche ses propres limites dans l'utilisation trop systématique de références au-dessous de la ceinture. Le sexe se révèle ainsi un thème récurrent, mettant notamment en opposition le côté puritain des States face à la liberté (voire au libertinage) pratiquée dans nos contrées. Delpy n'hésite pas à se servir des clichés les plus éculés, toujours à la limite de la caricature, de manière à apposer ce second degré primordial pour apprécier le film.

Mais il serait faux et réducteur de penser que 2 days in Paris se contente de dénoncer certains préjugés avec un humour de préférence coquin. Car Julie Delpy est une femme à la sensibilité exacerbée qui veut surtout parler de l'essentiel, l'amour. Ou du moins tenter d'en parler, s'interroger sur ce sentiment amoureux, quête de tout être humain, tourner autour, l'approcher, le caresser, le trahir, le comprendre. L'opposition comique France/Amérique n'est que la toile de fond d'une réflexion bien plus profonde qu'elle en a l'air sur les relations homme/femme. Certains y verront une analogie, ou un prolongement. Le thème Amérique/France ne répond-il pas au thème homme/femme ? Dans ce cas, qui est qui ? Autant d'interrogations qui démontrent une réelle profondeur et l'envie de la réalisatrice de creuser des sujets plus complexes que les simples préjugés ne le laissent entendre.
Deux jours à Paris pour comprendre tout cela, c'est peu, mais ça permet aussi de ne pas se disperser. Delpy s'accorde même quelques passages a priori sans grand rapport avec son sujet, par le biais par exemple d'un flash back sur son autisme étant enfant, octroyant à son personnage une profondeur supplémentaire. Côté mise en scène, on sent l'actrice marquée par son double passage chez Richard Linklater, ce qui d'ailleurs n'est pas la plus mauvaise des références. Gageons toutefois que Julie Delpy peaufinera avec le temps un style qui ne demande qu'à s'imprégner de l'émotivité débordante de la jeune femme. Pour l'heure, 2 days in Paris s'impose comme un film porteur de sérieux espoirs.
Laurent Tity
Retrouvez la galerie photos pages suivantes...







































