toutes les news HARRY POTTER ET L'ORDRE DU PHENIX : AVIS A CHAUDSommaireCINE : RATATOUILLE
PORTRAIT : ROBERT DE NIRO

PORTRAIT : ROBERT DE NIRO

Tout sur RAISON D'ETAT - La Critique - Photos - Le 0000-00-00 00:00:00


« You talkin' to me? »
Une phrase étrange prononcée par un homme seul devant un miroir, manifestement au bord de la folie, plein de fureur à peine contenue, comme une bombe à retardement. Le regard à la fois effrayant et malicieux.

Taxi Driver de Martin Scorsese avec Robert de Niro. Un grand acteur est révélé. Il y a des moments comme ça, des petits miracles. Ce qui était un tournage de dix semaines, le petit film d'une tribu, celle du jeune Scorsese, un peu dans la même atmosphère que Mean Streets où le jeune Bobby tenait le rôle énergique de Sonny Boy et semblait déjà plein de promesses. Un jeune acteur, sur le petit film d'un jeune metteur en scène qui allaient marquer une nouvelle ère pour Hollywood.

C'est la première image qui vient lorsqu'on évoque Robert de Niro, presque comme un réflexe, une association d'idées naturelle. Car quelque chose a changé en 1976 et l'apparition de Travis Bickle, marginal et amer, exclu de la société qui va se venger d'elle. Une frustration et une violence exprimée comme jamais auparavant dans un New York nocturne et désenchanté, une errance et une perdition totale au volant d'un taxi, une claque.


Aller jusqu'au bout pour incarner un univers

Pourtant, ce n'était pas là la première apparition impressionnante du jeune acteur. En 1974, reprenant le rôle créé par Brando en interprétant le jeune Vito Corleone, lui vaut son premier oscar. Il se contenta d'expliquer qu'il n'avait pas eu à faire grand chose puisque le personnage existait déjà, il s'est fondu dans le sillon de Brando (rien que ça!). Un an auparavant, son interprétation de petite frappe dans Mean streets était criante de vérité, totalement plausible, d'une violence presque gouailleuse et un personnage forcément condamné à ne pas se sortir des embrouilles qu'il attise.

Il inaugurait ici son jeu très expressif, ce visage qui parvient à dépeindre toutes les émotions, à faire passer tous les états d'âme. De Niro a cette caractéristique assez unique pour un adepte de la méthode de l'actor's studio, il n'hésite pas à grimacer, à pousser sa performance quand il en a besoin. Or la technique de la « méthode » est souvent plus intériorisée (à l'image d'Al Pacino ou de Marlon Brando). De Niro ose l'outrance qui le distingue. Ce n'est pas pour cela qu'il ne fait pas dans la sobriété quand son rôle l'exige (dans Mission notamment), mais il reste ce visage qui, quand il se parodie devient un catalogue de rictus caractéristiques (dans Mon beau-père et moi ou Mafia blues). C'est cette audace d'expression qui est sa marque.


Il y a aussi son perfectionnisme, hallucinant, sa totale dévotion aux rôles qu'il aborde, une immersion extrême, auprès de Scorsese surtout, de qui il est l'ami, l'alter ego et le collaborateur, beaucoup plus qu'un acteur fétiche. C'est d'ailleurs lui qui amènera le sujet de Raging Bull à un réalisateur au creux de la vague qui doutait de sa vocation après quelques films communs éprouvants qui ne rencontrèrent pas l'accueil escompté (dont La Valse des Pantins et New York, New York). Pour New York, New York, De Niro avait appris le saxo, par souci d'authenticité puisqu'il incarnait un musicien (amoureux de Liza Minelli). Ce qui témoignait déjà d'un souci de véracité assez inhabituel. Pour incarner Jake la Motta, il poussa cela à un niveau assez hallucinant. On modifia le plan de tournage en fonction de sa prise de poids. L'acteur fut d'abord entraîné par le boxeur lui-même jusqu'à être totalement capable de boxer de manière convaincante et professionnelle (La Motta disait qu'il aurait pu le faire monter sur un ring). Puis, pour incarner sa déchéance physique, il n'y alla pas de main morte et prit trente kilos. On ne doutera donc pas de son engagement. De même pour le mythique et déchirant Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino, il vécut auprès de mineurs sidérurgistes pour s'imprégner de l'ambiance dans laquelle son personnage vivait. De Niro est connu pour être un acteur concentré, préparé, investi. Les exemples ne manquent pas. On peut admirer quelqu'un comme Brando pour sa nonchalance et admirer De Niro pour une qualité inverse: son grand sérieux et son grand professionnalisme.

> Lire la suite de l'article

  

[p1] [p2] [p3] [p4] [p5] [p6]

vos avis Ajouter un avis
willhunting Hell    04 juil
hugostin Pour moi...    04 juil
MERDACADEMYY il a accepté des daubes a cause de sa boite de prod....    04 juil
HellJohn Juste à titre de comparaison...    04 juil
willhunting Un immense acteur    04 juil
willhunting anecdote de Michael Cimino à propos de De Niro    04 juil
 


Imprimer cet articleEnvoyer cert article à un ami

Notez ce film

note des internautes :
8.8/10
(48 votes)

Les autres films

 
agenda cinema
 
blogs