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PORTRAIT : JULIE DELPY (2 DAYS IN PARIS)

PORTRAIT : JULIE DELPY (2 DAYS IN PARIS)

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Belle, intelligente, engagée, originale, tels sont les qualificatifs qui viennent de suite à l'esprit lorsqu'on évoque le cas Julie Delpy. Comment ? Il y aurait donc un CAS Julie Delpy ? Sans doute, dans le sens où cette actrice ne rentre absolument pas dans les critères habituels, pour ne pas dire les carcans, du cinéma français. Fille du couple d'acteurs formé par Albert Delpy et Marie Pillet (apparaissant tous les deux dans son dernier long-métrage, 2 days in Paris), Julie dénote par ses choix de carrière pour le moins atypiques. Alors que ses débuts la plaçaient dans le sillage de la reconnaissance formatée à la française, avec deux nominations consécutives aux César dans la catégorie Meilleur espoir féminin (Mauvais sang en 1987, La Passion Béatrice en 1988), l'actrice n'aura de cesse de s'éloigner de ce chemin tout tracé. Femme de convictions, elle choisit ses films sur des critères exclusivement artistiques, privilégiant toujours la prise de risques, ce qui lui a d'ailleurs parfois joué des tours, la comédienne pouvant se retrouver dans le très moyen Loup-garou de Paris. Mais hormis ces petits accidents logiques au vu de son refus de la facilité et de la banalité, le parcours de Julie Delpy force le respect.

2 days in paris

Suite à ses premiers pas comme figurante dans Guerres civiles en France à l'âge de 7 ans, Julie se lance dans une carrière de comédienne qui la mènera très vite sur les plateaux de grands noms du cinéma européen, tels que Jean-Luc Godard (Détective), Leos Carax pour Mauvais sang ou encore Bertrand Tavernier dans La Passion Béatrice. Connaissant d'emblée une forme de consécration avec les nominations aux César pour ces deux derniers films, la jeune femme se démarque déjà par cette beauté froide mêlée à une forme d'innocence apparente. Apparente seulement, car sous sa blancheur virginale se cache un tempérament de feu. Cette ambivalence explique sûrement en partie l'attirance qu'éprouvent pour l'actrice les réalisateurs tenants d'un cinéma indépendant ou tout du moins se voulant en marge de l'industrie classique. A l'image d'une Jennifer Jason Leigh, avec qui Delpy partage une certaine attirance pour l'anti-conformisme, le cinéma underground la fascine et inversement. D'ailleurs, le parallèle commence dès le cru - et cruel - La Passion Béatrice (1988), qui semble presque faire écho au génial La Chair et le sang (1985). Dans le film de Tavernier, la jeune Delpy impressionne justement par ces deux facettes, représentant la virginité, innocente et insouciante, d'une blancheur immaculée, avant de se confronter à la brutalité et la barbarie de ce monde moyenâgeux. Si Godard avait su révéler la gamine ingénue de 14 ans, Tavernier filme dix ans plus tard la femme neuve et pleine de promesses qu'est devenue Julie, sublimant sa troublante dualité.


Julie Delpy joue avec délectation de cette image, allant jusqu'à incarner la Vierge Marie dans La Nuit obscure de Carlos Saura. Un film qui marque le début d'une longue coopération avec des cinéastes européens reconnus pour la plupart, mais peu accessibles pour le grand public. La Française tourne ainsi sous la direction de Agnieszka Holland (Europa Europa), Volker Schlöndorff le réalisateur du célèbre Tambour dans Homo Faber, ou encore Krzysztof Kieslowski (la trilogie Trois couleurs). Des rôles où l'actrice continue d'exploiter son aura quasi mystique, créant de fait un brouillard intriguant, voire inquiétant, autour de ses personnages. Comme si toutes ces apparitions dans des productions d'Europe Centrale n'avaient eu pour but que de la préparer à ce qui demeure peut-être le rôle de sa vie : Killing Zoé.

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HellJohn J'aime cette femme...    11 juil
 


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