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CINE : LE PENSIONNAT

CINE : LE PENSIONNAT

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    Réalisé par Songyos Sugmakana, Le pensionnat constitue un film fantastique thaï fréquentable, presque accessible à tous les publics à condition que les adultes acceptent de replonger dans l'enfance et les enfants de devenir des adultes.

LE PENSIONNAT
Un film de Songyos Sugmakana
Avec Charlie Thairat
Date de sortie : 22 août 2007

le pensionnat

Production thaï ayant rencontré un succès inattendu dans tous les festivals où il a été présenté, Le Pensionnat, de Songyos Sugmakana, constitue une agréable surprise dans un genre rompu aux lieux communs et autres coups de théâtre téléphonés, même s'il n'apporte rien de nouveau. La première bonne nouvelle, c'est qu'il ne s'agit pas d'un énième avatar opportuniste de Ringu qui fait dans l'horreur asiatique lestée de fantômes aux cheveux longs qui viennent pointer le bout de leur nez référentiel. Mais plutôt d'une démonstration de savoir-faire, plus que de virtuosité, qui tient à la fois de la chronique enfantine, de l'étude de moeurs et de la ghost story. Qui possède l'art de suggérer, de faire peur et d'émouvoir en toute sécurité. Sa facture, plus proche du classicisme que de l'académisme, propose des visions horrifiques surprenantes mais dépourvues d'agressivité et d'une volonté de mettre mal à l'aise. Pour sous-tendre une menace, il suffit au réalisateur d'augmenter ou de baisser le son ou de composer des plans qui prennent par surprise comme lorsque le jeune protagoniste sur le toit de son pensionnat découvre une profusion de chiens hurlant à la mort et qu'un contre-champ en contre-plongée révèle une ombre menaçante derrière l'enfant.

le pensionnat

C'est le défaut de sa qualité: il est trop familial pour réjouir ceux qui s'attendaient à un summum de trouille comme Dark Water, d'Hideo Nakata, dernière référence en date et trop sinueux pour réconforter. En tous les cas, il devient accessible aux enfants du même âge que les protagonistes. Dans cette logique, les zones d'ombre (pourquoi un fantôme hante le pensionnat? Pourquoi la lâcheté du père? Pourquoi le disque répété à l'envi par la directrice?) possèdent toutes une solution explicitée qui n'invite pas à voir le film à répétition pour décortiquer des mystères. Mais l'innocuité est généreusement démentie par des touches de cruauté nécessaires qui empêchent le film de tomber dans la mièvrerie. C'est dans cet équilibre a priori précaire, en réalité maintenu jusqu'au bout que Le pensionnat gagne des aficionados. Avec ses lents et paradoxaux effets de sidération et son talent d'invocation de toutes les invisibilités (un peu comme si le réel fourmillait de matière ectoplasmique), Sugmakana raconte son histoire avec une précision clinique qui empêche les débordements même si dans le dernier quart-d'heure, il cède à une tendance à la mélodramatisation. Au même titre que L'orphelinat, de Juan Antonio Bayona (lui, totalement raté) dont les sujets similaires trahissent sans doute la même influence: L'échine du diable, de Guillermo Del Toro. Dans sa détermination à coller à des ambitions plus consensuelles, le film s'achève de manière douce et heureuse sans climax à la Peckinpah.

le pensionnat

Là où d'autres se seraient contentés de réciter des classiques périmés, le cinéaste, sensible partout (script elliptique, mise en scène privilégiant la suggestion et le hors-champ) ne se donne jamais à voir et on l'en remercie. Ce désir d'échapper au réel se traduit formellement par une déconstruction narrative systématique, mêlant réminiscences du passé et images du présent, projections mentales et actions quotidiennes. Ce qui donne au final un film joliment anxiogène qui démontre, au même titre que certains classiques de l'épouvante, que la tension la plus extrême peut naître sans aucun artifice d'image ou de mise en scène. D'autres artifices qui relèvent de la dramaturgie classique étendent le pouvoir d'attraction de cette aventure fantastique au-delà du seul cercle de spécialistes.

Romain Le Vern

  

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  Note des Lecteurs
Pierrafeu75 Un très bon film Thaï 9    23 aout
bilouff bon film aussi 7    22 aout
Le_Zouave bon film 8    22 aout
 


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Le Pensionnat

Un film de Songyos Sugmakanan

Avec Charlie Trairat

Durée 107 minutes

Sortie le 22 Août 2007

 

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note des internautes :
8.5/10
(37 votes)

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