
LA MAISON
Un film de Manuel Poirier
Avec Sergi Lopez, Bérénice Béjo, Barbara Schulz, Bruno Salomone
Date de sortie : 22 Août 2007

Malo, père de trois enfants et en instance de divorce, découvre au détour d'un chemin de campagne une maison qui doît être vendue aux enchères. Dans cette maison, il trouve la lettre d'une petite fille. Il va vouloir la rencontrer et découvrir l'histoire de cette maison, de cette petite fille et de sa soeur...
Raconté comme tel, La Maison est intrigant. Mais d'intrigant, le film n'a que son synopsis... Difficile en effet de se passionner pour cette histoire d'une platitude absolue et figée dans une ambiance pseudo-dramatique pesante. Caméra immobile, Manuel Poirier n'arrive jamais à compenser son orgie de plans fixes et son absence de mise en scène. On aurait aimé de belles scènes de dialogues et de rencontres entre ces personnages qui n'auraient jamais dû se rencontrer. Mais à la place on se trouve face à des séquences vides et longues où les comédiens tentent tant bien que mal de donner une certaine ampleur à l'ensemble.

C'est souvent vain : l'histoire des deux soeurs est à peine étalée et si ce n'est l'absence d'une figure paternelle, on ne comprend pas très bien tout ce mystère autour de cette maison. C'est bien simple, il n y en a pas ! Ce sont juste deux soeurs qui ne veulent pas se séparer de leur maison d'enfance. Alors Bérénice Béjo pleure pour faire comprendre qu'elle est contrariée et Barbara Schulz semble un peu perdue et ne parvient jamais à faire exister un personnage à peine esquissé. C'est dommage, certaines séquences entre les deux soeurs auraient pu donner au métrage de jolis moments mais ces dernières ne vont jamais au fond du propos et rien n'est dit.
Sergi Lopez, fidèle à lui-même, ne fait pas de miracles. Pire encore, il a parfois tendance à rendre le tout encore plus plombant, par son manque de légereté et par l'absence d'un bagoût qu'il sait, d'habitude, si bien utiliser.
Démonstratif et long, le film ne coupe jamais dans le gras, à l'image de cette interminable séquence d'enchères ou des scènes de Lopez, seul dans son appartement, illustrant la solitude d'un père.

D'un premier degré particulièrement fatiguant, le film n'offre, à aucun instant, une bouffée d'air au spectateur et se fige littéralement dans la pierre. Tout est froid, l'émotion ne passe jamais et l'on se demande si la mise en vente d'une maison méritait réellement d'en faire toute une histoire... quand d'histoire, il n'y a pas !
Kevin Dutot
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