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L'ENVERS DE LA TOILE : L'INTIMITE DES CINEASTES

L'ENVERS DE LA TOILE : L'INTIMITE DES CINEASTES

Laurent Campus est commissaire d’exposition, Pascal Pinson est photographe. Tous les deux exposent du 6 au 14 juillet 2007 des clichés d’hommes et de femmes cinéastes dans leur intimité créatrice. Des portraits touchants, d’autres marrants de cet univers particulier des réalisateurs.

Quels sont vos parcours respectifs ?
Laurent Campus : J’ai fait beaucoup de choses dans ma vie, pour résumer grâce à ma famille j’ai baigné très jeune dans un milieu artistique, un milieu très en pointe. Ma grand-mère fréquentait beaucoup le milieu des grands designers des 70’s, beaucoup d’artistes et forcément j’ai été influencé par tout ça. C’est toute ma vie et évidemment ça crée des sensibilités, des envies, une capacité à avoir des émotions. J’ai fait 18 ans de conservatoire, passé un bac économique, et ensuite j’ai créé la première boite de course spécialisée dans le transport d’œuvre et de support tournée vers le cinéma et les métiers de la photo. J’ai aussi été cavalier mais suite à un accident j’ai dû arrêter ce métier. Finalement ce qui m’a conduit ici ce sont justement des métiers autour du cinéma, de la régie, du relationnel et d’un autre côté ma sensibilité pour l’art et pour la photo qui me passionne depuis de nombreuses années.
Pascal Pinson : j’ai commencé la photo tard en fait, à partir de 23 ans, puisque pour certains c’est tard. Jeune, j’ai remporté des prix photographiques mais ça n’a rien à voir avec le métier de photographe. A 23 ans j’ai donc commencé la photo, en parallèle je faisais de la musique. Pendant 10 ans j’étais DJ et producteur de label électronique. Aujourd’hui je ne me consacre qu’à la photo. J’ai commencé comme assistant de photographes il y a quelques années et puis petit à petit j’ai fait de la publicité et des grands reportages. Aujourd’hui j’ai deux agents en arts et mon commissaire d’exposition (regard approbateur de Laurent Campus) qui ne me lâche plus. J’ai été amené à faire des grands projets comme celui ci ou encore celui de l’expédition de la Pérouse (célèbre marin de Louis XVI, parti explorer le monde et qui s’échoua à Vanikoro dans le Pacifique sud).


Pascal Pinson

Comment est né le projet ?
L.C : Le projet principal, est né de deux éléments déclencheurs. Le premier élément est personnel, à partir de ces grandes discussions de célèbres experts d’arts qui vous disent que le cinéma n’est pas un art majeur. Leur discours fait une distinction entre les arts classiques et donc forcément plus sérieux, plus reconnus comme la peinture, la sculpture et de l’autre côté le cinéma, la vidéo et la photo, qui sont des arts plus faciles, plus légers. C’est ce type de discours qui me fait bondir. Je considère qu’on ne peut pas comparer un artiste à un autre artiste. On peut ne pas comprendre, aimer ou ne pas aimer, mais on ne peut pas dire c’est nul ! Ce n’est pas beau ! Car tout ceci fait partie d’une sensibilité personnelle, c’est très subjectif. Le deuxième élément déclencheur est la rencontre avec Jean-Jacques Beineix. Lors d’un diner chez lui, j’ai pu observer des peintures qui me plaisaient beaucoup. Lorsque j’évoquais ces peintures il était très réservé. Et puis un jour il m’avoua que c’est lui qui les peignait, que c’était quelque chose de très intime et qu’il n’oserait jamais exposer ses peintures car elles ne valaient pas la peine. J’avais aussi vu des travaux de David Lynch. Tout ceci mis bout à bout, m’a conduit à créer L’envers de la toile en 2003, avec l’objectif de faire découvrir au public la grandeur et la qualité de tous les travaux de ces grands réalisateurs. Ayant la possibilité d’aller à la rencontre de ses grands cinéastes, d’une certaine façon hors champ, chez eux, dans leur atelier, dans leur espace de vie, je voulais faire partager cette histoire, et garder un souvenir. Ces cinéastes ont accepté après un long travail préparatoire l’arrivée d’un photographe. J’ai donc demandé à Pascal de me suivre. J’avais vu son travail sur l’expédition de la Pérouse et je trouvais que dans la qualité et l’équilibre des ses clichés, il avait une sensibilité qui me touchait personnellement. Certains portraits m’ont aussi donné une indication sur ce qu’il pouvait apporter dans le cadre de L’envers de la toile, et je lui ai proposé d’être mon témoin, et d’apporter son regard et une part très artistique à ce témoignage.

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