
Half Nelson
Un film de Ryan Fleck
Avec Ryan Gosling, Shareeka Epps, Anthony Mackie, Monique Gabriela Curnen, Karen Chilton, Collins Pennie
Durée : 1h42
Sortie le : 18 juillet 2007

Jeune professeur idéaliste et passionné enseignant dans un collège de Brooklyn, Dan Dunne tente à chaque nouveau cours d'élargir l'univers morne de ses élèves, pour la plupart en difficulté. Sa vie bascule cependant le jour où Drey, l'une de ses jeunes élèves, le surprend en train de fumer du crack dans les toilettes. Curieusement, c'est à partir de cet incident que commence à se nouer entre le professeur et l'adolescente une relation très forte...
Half Nelson a beau se dérouler en grande partie dans une école fréquentée par des enfants issus de quartiers défavorisés, le long métrage ne partage strictement aucun point commun avec ces innombrables films humanistes glorifiant la relation professeur-élève comme seul moyen de se sortir de la misère et de la délinquance. Nul élan collectif vers un but grandiose, nulle volonté d'apporter de solution carrée et définitive aux grands problèmes de la société ne constituent le nerf du film de Ryan Fleck et Anna Boden, qui préfèrent s'intéresser à la complexité de l'humain en le saisissant humblement à l'échelle individuelle. L'univers de Half Nelson est étriqué, comme peut l'être la vie de ceux qui ont perdu tout espoir. Une impression que vient renforcer l'abondance de scènes filmées en intérieur, dans des décors débilitants qui alternent entre appartements sombres et école aux murs ternes, en parfait accord avec les états d'âmes des deux personnages principaux.

Dan Dunne (Ryan Gosling), dont la vie ne semble tenir qu'à un fil, ou plutôt à une fiole de crack, en est déjà réduit à faire le bilan de sa triste existence avant même d'avoir atteint les trente ans, avec la nette certitude qu'il est trop tard pour lutter contre ses démons. Quant à Drey (Shareeka Epps), elle a certes toute la vie devant elle mais cet avenir plein de promesses pourrait bien basculer d'un moment à l'autre, au hasard de quelques mauvaises fréquentations. Par-delà de leurs différences (âge, expérience, milieu social), les deux protagonistes principaux se ressemblent en ce qu'ils sont tout deux sous influence et perpétuellement écartelés entre des forces contraires, à la recherche d'un équilibre qui semble désespérément inaccessible. Tandis que le premier s'abîme dans un comportement autodestructeur, la seconde risque, à vouloir grandir trop vite pour échapper à sa solitude, de se rendre d'autant plus vulnérable face aux stratégies de certains prédateurs, tels que le petit caïd Frank (Anthony Mackie), qui a déjà fait plonger son frère et qui ne la lâche plus d'une semelle. La rencontre fortuite entre ces deux êtres désemparés évolue pourtant peu à peu vers une relation d'une harmonie extrême, qui devient le moteur d'un nouveau départ pour l'un comme pour l'autre.
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