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CLASSE / PAS CLASSE NATALIE PORTMAN

CLASSE / PAS CLASSE NATALIE PORTMAN

Tout sur LES FANTOMES DE GOYA - La Critique - Le 0000-00-00 00:00:00


A l'affiche du très perfectible Les Fantômes de Goya (date de sortie : 25 juillet), réalisé par Milos Forman, Natalie Portman n'en reste pas moins une valeur sûre du septième art. De la gamine âgée de 12 ans dans Léon à la super star adulée, figure importante de la seconde trilogie Star Wars, l'actrice s'est forgée une solide réputation.


MY BLUEBERRY NIGHTS PLUTOT CLASSE
Jeremy tient un modeste café à New York. Tous les soirs, Elizabeth y rentre et commande une tarte aux myrtilles en scrutant à travers la fenêtre. Une nuit, elle raconte à Jeremy que l'homme de sa vie l'a quittée. Lorsque Elizabeth disparaît, Jeremy comprend qu'elle a quitté la ville, pour un long voyage, vers un nouveau départ. Sur son chemin, elle se lie d'amitié avec différents personnages et leurs propres dilemmes. Le nouveau Wong Kar-wai est rempli de tous les petits riens qui font le grand tout du réalisateur avec cette fois-ci comme réminiscence proustienne l'immense Chungking express (certainement son meilleur) en toile de fond inspiratrice. Dans un road-movie sentimental (sans céder à la sensiblerie), l'ausculteur d'âmes chinois radiographie aux Etats-Unis la mélancolie qui presse l'âme, l'exil intérieur, les coeurs brisés, les histoires d'amour révolues et les conséquences (désastreuses) de la rupture, avec ses volutes esthétiques usuelles. La dramaturgie repose sur trois fois rien mais Wong privilégie comme toujours la notation, la sensualité, l'anodin, le sublime dans une grande valse de charivaris intérieurs. Tout ça, c'est très joli et très agréable à l'oeil. Au-delà de la dimension esthétique, il parvient à toucher par la simple universalité de son intrigue mais n'évite pas toujours les pièges d'un système et risque d'agacer sérieusement ceux qui reprochaient déjà la redondance de ses précédents opus (2046 était déjà un film-somme nostalgique qui reprenait des morceaux de ses précédents films). WKW aurait-il tout dit sur son cinéma ? Non. My blueberry nights, bien qu'inégal, possède des trésors d'émotion dont il serait sot de ne pas profiter. On peut juste être déçu que le réalisateur n'ait pas été plus radical dans ce changement d'état(s). Ajoutons à l'édifice suprêmement élégant la belle prestation des comédiens, heureux de succomber à ce vertige intime. Notamment la novice Norah Jones, qui excelle dans son art (la musique) et vient d'ajouter avec une infinie douceur une corde à son arc artistique. Bel écheveau de rencontres.
Romain Le Vern


LES FANTOMES DE GOYA PAS CLASSE
Nous sommes en Espagne, en 1792. La révolution est à ses balbutiements, l'inquisition règne et impose ses lois ignobles. Inès (Natalie Portman), oie blanche et muse innocente du peintre Francisco Goya (Stellan Sarsgard) est accusée d'hérésie et emprisonnée. Lorenzo (Javier Bardem), moine ami de Goya, essaye d'intervenir à la demande de ce dernier. Problème: en découvrant la belle Inès, il ne peut cacher ses pulsions et la viole. Près de vingt ans plus tard, ces trois personnages se retrouvent et constatent les traces d'une époque. Malgré les apparences, rien n'a changé, tout est cyclique. De la part de Milos Forman, on attendait beaucoup. D'autant qu'il a déjà prouvé par le passé de réelles capacités pour fuir les codes, les modes et la reconstitution meringuée (voir Amadeus qui encore aujourd'hui n'a pris aucune ride). Hélas, en reluquant Les fantômes de Goya, adapté du roman éponyme de Jean-Claude Carrière, co-scénariste dernière période de Luis Buñuel, on a l'impression de voir un film mort-né poussiéreux et édifiant qui essaye comme il peut de nous faire croire à ce qu'il raconte dans des décors kitsch, des artifices pompeux et des scènes grand-guignolesques. A aucun moment, on se sent envahi par le tumulte de la révolution espagnole. A aucun moment, les personnages fictionnels apportent un éclairage précis sur la sensibilité de Goya ou paraissent crédibles. A aucun moment, la barbarie n'est faite intemporelle. Impossible de ces conditions de croire que Forman était derrière la caméra pendant le tournage.
Romain Le Vern

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