

Bien au delà du simple monstre de film d'horreur, le zombie est devenu le plus souvent dans le cinéma américain (surtout depuis les films de George Romero) la mauvaise conscience de l'Amérique, mettant en avant ses défauts, ses failles, critiquant tel ou tel aspect de cette société (que l'ont peut parfois retrouver de ce côté de l'Atlantique), lignée dans laquelle ce situe Fido, plus critique sociale que simple film d'horreur (ceux qui espéreraient un bain de sang seront rapidement déçus, ceci n'étant pas le but principal du film (heureusement, nous le verrons)
Victime d'une invasion de zombies, la planète Terre a réussi à les soumettre grâce à l'invention d'un collier qui met un terme à leur appétit sans fin. Cette société, ZomCom, créa des zones sécurisées pour que les humains puissent y vivre en paix. Mais rapidement après la fin de cette bande d'actualité très vintage des fifties, le doute s'installe. On se retrouve dans l'archétype de la banlieue américaine, où tout doit être parfait, les apparences respectées. Même les zombies après leurs morts se doivent d'être productifs pour cette société régie de fait par ZomCom, qui n'hésite pas à exclure les éléments récalcitrants hors des zones sécurisées, où tout est policé à l'extrême. C'est dans cette ville sans âme que le petit Timmy va se lier d'amitié avec le zombie fraîchement adopté par ses parents, et c'est alors que les problèmes vont commencer. Rien ni personne ne sera épargné par ce film, d'une vision de l'Amérique très « blanche » où les zombies représentent toutes les personnes exploitées et rejetées par une société, ainsi que les personnes les aimant, ou tout autres qui sortent des canons imposés, où les liens familiaux ne semblent plus tenir que pour préserver les apparences et où les vielles personnes sont vues comme une menace pour la sécurité de tous, où l'ont apprend à tirer dès l'école primaire pour se protéger des hordes barbares de l'autre côté du grillage. De même, c'est une corporation et non un gouvernement (ici totalement absent) qui gouverne cette utopie, corporation à laquelle on semble avoir donné tous les pouvoirs, où les disparitions de certaines personnes exilées en dehors n'émeu personne. Dans tout cela ont peut retrouver tous les maux de l'Amérique, qui sont exagérés pour les faire devenir ce qu'ils devraient être, ridicules. Cela passe par les problèmes des immigrés clandestins à celui des armes à feux, de la mainmise que certaines grandes entreprises semblent avoir sur les gouvernements. Ce qui fait la force du film, c'est que cette critique qui pourrait rapidement devenir ennuyeuse et barbante, est ici diluée dans une espèce de fable qui laisse une grande place à l'humour et à l'autodérision, sans pour autant perdre de sa hargne, de sa volonté, faisant ainsi passer le message efficacement et simplement. On retrouve ci en quelque sorte les plus grands moments du film zombie de Romero où on abandonne le simple film d'horreur pour la satire sociale. Mais c'est cette simplicité qui pourra rebuter certains, et qui a laissé un petit goût d'inachevé, car on a parfois l'impression de plus être dans un film pour adolescent. En effet parfois la morale semble être vraiment trop présente, le fait que le personnage principal soit une petite tête blonde bataillant pour son animal de compagnie n'y est pas étranger (même si ledit animal est un zombie) ainsi que le fait que les scènes d'horreur soient vraiment légères (on est très loin d'Hostel, ou même simplement de Scream) faisant ainsi perdre à ce film ce petit côté subversif réjouissant qui est là mais qui perd beaucoup du fait de ces défauts. Fido, quoique différent de ce que j'aurais pu attendre, reste tout de même un bon choix pour cet été, petit vent d'air frais subversif au milieu des blockbusters estivaux. Quelques défauts mais un très bon moment qui vaudra le déplacement.

Imaginez-vous un jour surpris par votre petit garçon de 11 ans avec le DVD de ZOMBIE entre les mains et allez lui expliquer que ce film n'est pas pour lui ? Alors, pour ne pas le décevoir et vous sentir coupable, vous le charmez avec l'histoire de FIDO le gentil Zombie héros. La suite est à découvrir en image dans ce merveilleux film, représentatif d'une Amérique toute proche de l'oeuvre originale de Dario Argento, interprétée par de prodigieux acteurs et une photographie pleine de fraîcheur. Aucun côté kitch ! Ca passe comme une lettre à la poste... Qui plus est, je suis sûr que le grand méchant loup est plus effrayant que le zombie FIDO, qui ne dévore ses proies que pour défendre les valeurs familiales. Enfin, tous les adultes, qui je l'espère ont gardé une âme d'enfant, apprécieront ce film facilement et les enfants en grandissant goûteront au plaisir de la version originale de l'indémodable « ZOMBIE ». Et pourquoi pas, auront-ils une pensée nostalgique pour FIDO ?!.. En tout cas, c'est pour moi déjà un acquis.










































