
CARAMEL
Un film de et avec Nadine Labaki
Avec aussi Yasmine Al Masri, Joanna Moukarzel, Gisèle Aouad
Durée : 1h36
Date de sortie : 15 août 2007

A Beyrouth, cinq femmes se croisent régulièrement dans un institut de beauté, microcosme coloré et sensuel où plusieurs générations se rencontrent, se parlent et se confient... Layale aime un homme marié. Nisrine est sur le point de se marier mais elle n'est plus vierge. Rima réalise qu'elle est attirée par les femmes. Jamale refuse de vieillir. Rose, quant à elle, a sacrifié sa vie pour s'occuper de sa soeur ...
La jeune création libanaise est aujourd'hui en plein essor : les films de fiction (courts et longs) se multiplient, les documentaires fleurissent... Tourné avant la guerre qui a éclaté l'été dernier, Caramel témoigne de la volonté d'une génération à raconter de nouvelles choses, en s'éloignant des tableaux de la violence. Nadine Labaki réalise une oeuvre qui, loin des sentiers peu glorieux des conflits, se contente de parler de choses simples. De femmes, de l'amour et de l'amitié. Et il faut l'admettre, cela faisait longtemps que nous n'avions pas vu un aussi beau film sur la gente féminine... Si les situations sont propres aux mères, filles ou jeunes libanaises, les thèmes évoqués sont universels. Le carcan du puritanisme de la société libanaise, s'il est bien présent et source d'ennuis pour les femmes, est cependant tourné en dérision. Comme une arme, Nadine Labaki, utilise un humour parfaitement dosé et toujours pertinent afin de mieux se défendre face aux attaques de la guerre et des régimes politiques.

Cependant, Nadine Labaki ne porte pas l'étendard de la condition féminine et son film n'est en aucun cas, un brûlot contre la société libanaise ou les hommes... Ces derniers sont d'ailleurs bien traités dans le film, presque chouchoutés (voire épilés...) et c'est toujours avec un regard tendre que la réalisatrice nous présente ses personnages masculins. Excepté l'amant de Layale dont on ne voit jamais le visage... Ainsi, Nadine Labaki laisse également transparâitre une crise d'identité, à la fois chez la femme libanaise mais aussi chez l'homme. Le film se construit sur toutes ces contradictions. Des contradictions entre ce que les gens sont, ce qu'ils on envie d'être et ce qu'on leur permet d'être. Tiraillés entre la religion, chrétienne ou musulmane, entre les modèles orientaux et occidentaux, ces personnages cherchent leur identité et la cinéaste leur offre, dans ce salon de beauté, un miroir, où ils peuvent essayer d'apercevoir ce qu'ils sont vraiment...










































