

Première plongée en enfer, et pas des moindres: Le Dernier Psaume. Réalisé au cours de l'année 2005, Guillaume Pierret ne choisit pas la simplicité puisqu'il choisit d'enchaîner les séquences d'action violentes sans temps mort, séparant son film en deux parties (appelés "versets") pour suivre un script parfois très obscur. Trop en tout cas, puisqu'il devient alors le seul défaut majeur du film: son manque de linéarité, ou du moins d'explications laissent le spectateur dans une position désagréable, puisqu'il ne sait pas vraiment ce qui se passe sous ses yeux, assistant ainsi à des voyages temporels, des ellipses narratives énormes, des êtres aux problèmes cardiaques bizarres et des combats comme isolés de l'intrigue. Niveau scénario donc, Pierret ne maîtrise pas encore bien son sujet. Mais d'un point de vue uniquement filmique, Le Dernier Psaume est une claque: visuellement somptueux (certains plans frôlent le génie), le film a été volontairement étalloné dans un noir & blanc poisseux, granuleux, crade, agressif, qui rend les combats "de rues" encore plus impressionants. Aidé par montage très rapide, des morceaux de bravoure en pagaille, et des bruitages plus efficaces qu'il n'y paraît (deux ou trois fautes de goût dues au baclage sonore de dernière minute), le réalisateur prouve qu'il a un talent monstre, égalant sans problème la force des combats douloureux d'un Danny the Dog. Une réussite indéniable dans le domaine du cinéma d'action "amateur".
Un an plus tard sort Indemne, un autre petit électrochoc qui s'attaque cette fois aux gunfights violents, se déroulant uniquement dans une immense maison de campagne. Un simple affrontement entre deux personnages armés de fusils de chasse ? Certes, le sujet principal sert au réalisateur pour dynamiter son récit avec des séquences de fusillades jouissives, des impacts de balles ultra-réalistes (il faut voir le making-of pour se rendre compte de la puissance d'un pétard utilisé pour le film) et des situations presque "stéréotypées". Mais on peut aussi noter un petit plus scénaristique avec ce mélange judicieux entre passé/présent, qui rend la conclusion à la fois nostalgique et sombre, sans pour autant devenir prétentieuse et moralisatrice. Le concept reste le même: faire de l'action non-stop, balayée de coups de crosses sadiques, en prouvant que l'on égaler les scènes d'action des produits américains. Plus que cela, Indemne se révèle être encore plus violent et travaillé que tous les films de Steven Seagal, Wesley Snipes, et autres Chuck Norris réunis. Et grâce à des maquillages très efficaces, un montage parfait et des acteurs très impliqués pour se détruire les gencives, le spectateur assiste à 10 minutes de pure extase, et s'en prend plein les mirettes.





































