
HAIRSPRAY
Un film de Adam Shankman
Avec John Travolta, Nicole Blonsky, Christopher Walken, michelle Pfeiffer
Date de sortie : 22 août 2007

D'emblée c'est l'ensemble du casting qui surprend : comment remplacer le transsexuel Divine ? Tout simplement par un John Travolta survitaminé et qui se plaît avec un humour désopilant à tourner son image en dérision, lui qui a longtemps hésité avant d'accepter le rôle (après son refus auprès des mêmes producteurs pour l'adaptation de Chicago, il aurait été bien bête de se retenir). Il retrouve aujourd'hui, par le biais de ce petit rôle, une nouvelle jeunesse et l'on se souvient de l'une de ses premières prestations, Kenickie dans Grease sur les planches de Broadway, rôle qu'il a tenu avant de reprendre celui de Danny dans le remake pour le grand écran. A ses côtés on retrouve, également dans un « petit rôle », la pétillante Michelle Pfeiffer (Grease contre Grease 2) qui, non seulement prête ses traits à la méchante de service, mais transcende littéralement le personnage : qu'il fait bon détester la plus grande pleureuse d'Hollywood. Parmi les vedettes, Christopher Walken se prête également au jeu du remake dans un personnage qui n'est pas sans rappeler certains de ses derniers rôles et la désormais incontournable Queen Latifah, du moins dès qu'il s'agit de comédie musicale.

Car c'est bien de comédie musicale dont il s'agit. D'ailleurs, autant que vous soyez prévenus, ça chante quasiment tout le temps, mais pour notre plus grand plaisir. Non seulement la partition est un pur bonheur (il ne serait guère surprenant que vous vous ruiez chez le disquaire le plus proche une fois la séance terminée), mais elle est interprétée par de jeunes chanteurs. Leur prestation flirte agréablement avec l'univers de John Waters période Cry Baby et les vedettes se voient très vite éclipsées au profit d'une nouvelle génération débordante d'énergie, dont la joie de vivre illumine l'écran et nous envahit littéralement.

Hairspray est en ce sens plus vivifiant qu'une barre chocolatée, un véritable remède contre la déprime, un instant de bonheur remarquablement maîtrisé par Shankman, dont la réalisation est enlevée, fidèle aux codes du genre, pleine d'entrain et de sympathie pour ses personnages. Les chorégraphies défilent devant nos yeux avec une fluidité entraînante, la jeunesse s'égosille, les vétérans s'époumonent et les spectateurs sont tentés d'embrasser leurs voisins dans un plaisir jubilatoire. Lorsque les lumières se rallument, la première impulsion est donc de reprendre un billet pour la prochaine séance.
Pascal Faber
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