
MOTEL
La peur viscérale. C'est tout ce qui compte, et c'est peut-être ce qui fonctionne encore le mieux aujourd'hui dans un genre qui s'enorgueillit un peu trop de réinventer tout et n'importe quoi. Mais en oubliant généralement cet élément essentiel. L'angoisse et rien que l'angoisse donc, ici très vite engagée sans jamais prendre le temps de souffler (le spectacle ne dure qu'une heure et quart) et dont la construction évolue au même rythme que l'action, que l'intrigue, et que la personnalité fragile de ses héros. Qui plus est dans un lieu clos de trois pièces, à tout casser, laissant de côté tout sentiment de confort. Parce que l'intégralité du métrage se présente comme ce que proposent en général les scènes finales d'autres productions plus ou moins abouties, il ne raconte aucune autre histoire que celle de sa propre survie, par tous les moyens. Deux proies, et une meute d'assassins : ni plus, ni moins. Le contexte du snuff movie n'étant ici qu'une excuse pour justifier l'attitude meurtrière des frappés locaux. On ne s'y attardera jamais concrètement, parce que l'on ne lâche jamais les acteurs principaux (tous les deux parfaits), et tant mieux.
AM

ILS
Lorsque les uns tentent de réinventer un style, que les autres mettent la surenchère dans le gore ou que l'on bascule tout simplement dans l'hommage ou le remake éhonté, le jeune duo Palud / Moreau préfère oublier tous les alibis possibles pour son premier long métrage, et miser sur le minimalisme primaire. L'ambiance et rien que l'ambiance ne compte donc dans ces uniques 75 minutes qui reposent sur les bases de la peur panique que sont l'inconnu, l'indécelable, le noir et surtout l'intrusion chez soi sans même savoir se défendre. Malgré une faible épaisseur dans son script et une mise en place des personnages pas particulièrement emballant, les deux jeunes réalisateurs parviennent à faire tenir leur exercice de style sur la durée. L'inventivité de mise en scène répond bien présente - plus particulièrement dans la façon dont le mystère est nourri puisque l'on ne découvre qui (ou quoi) sont-Ils que dans les dernières minutes. Une jouissive expérience de train fantôme aux relents de Wes Craven dans sa période Maisons et Collines, qui parvient autant à tenir l'attention (et la tension) qu'à faire sursauter les spectateurs main dans la main, comme lorsque l'on joue à se faire peur.
AM

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