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CINE : LE VIVARIUM

CINE : LE VIVARIUM

Tout sur Le Vivarium - Le 2007-08-17 01:36:27


    En cette période estivale de blockbusters aussi décérébrés que divertissants (dans le meilleur des cas), l'arrivée sur le marché d'un film expérimental a de quoi intriguer. Mais qu'entend-on par ce terme « expérimental » aux consonances scientifiques ? S'agit-il d'une de ces oeuvres nombrilistes et prétentieuses, trop accaparées par leur mission hautement artistique pour se préoccuper d'un public passablement désarçonné ? Heureusement, la réponse est non. Et à certains égards, Jacques Richard réussit même à nous attendrir.

LE VIVARIUM
Un film de Jacques Richard
Avec Michael Lonsdale, Fabrice Luchini, Catherine Ribeiro
Durée : 1h02
Date de sortie : 22 août 2007

Ambiance post-68, la jeunesse française se cherche, veut tout remettre en question, et le cinéma n'échappe pas à la révolution de l'esprit. Prenant exemple sur Jean-Luc Godard, qui lors d'une interview pose sa main sur l'objectif, prônant le gaspillage de pellicule et la résistance face au cinéma commercial, Jacques Richard décide de tourner sans texte ni scénario. Les acteurs sont livrés à eux-mêmes, et se débrouillent comme ils peuvent...


Comment critiquer un film sans scénario, sans script, à la mise en scène proche du néant ? Comment critiquer un jeu d'acteurs non dirigé ? Comment critiquer selon les règles du cinéma « classique » un film qui ne tient précisément aucun compte de ces règles, et cherche justement à les ignorer ? Après une longue réflexion d'environ... une vingtaine de secondes, la réponse apparaît, sous la forme d'une autre question : pourquoi faire ? Car après tout, le sens même du Vivarium réside dans son non-sens absolu. Expliquer l'inexplicable, rationaliser l'irrationnel, définir l'indéfinissable ne serait que bafouer l'esprit de cette entreprise ô combien risquée artistiquement et pour cela franchement estimable.


Avouons-le, une fois la barrière de cette nouvelle langue cinématographique franchie, le plaisir pointe le bout du nez. Car il y a clairement un côté voyeur suscité par le film. Devant ces acteurs nus au figuré, lâchés dans la nature, à qui on ne demande même pas d'improviser, juste d'exprimer ce qu'ils ressentent, un enjeu tout aussi digne d'intérêt qu'une intrigue ficelée par un scénario savamment écrit se noue sous nos yeux. Certains se révèlent, d'autres craquent. Fabrice Luchini tente ainsi ses premières envolées lyriques qui feront son succès plusieurs années après, Michael Lonsdale boue intérieurement avant de décider de transcender cette expérience. Et au final, pour celui qui se débarrasse de tout préjugé cinéphilique, se cache contre toute attente un bout de septième art, unique.

Laurent Tity

  

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