
TOUT EST PARDONNE
Un film de Mia Hansen-Løve
Avec Paul Blain, Marie Christine Friedrich, Victoire Rousseau, Constance Rousseau, Carole Franck
Durée : 1h45
Date de Sortie : 26 Septembre 2007

Victor et Annette, vivent ensemble à Vienne avec leur petite fille Pamela. Travailleuse et éperdument amoureuse, Annette espère que Victor, écrivain au creux de la vague profitant de la moindre excuse pour ne pas travailler, va rapidement se ressaisir alors qu'ils prévoient de déménager sur Paris. Mais le nouvel environnement ne change rien à la situation qui ne fait qu'empirer. Victor sombre de plus ne plus dans l'oisiveté, la drogue et les sorties et Annette décide finalement pour son bien et celui de son enfant, de couper court à la relation alors que Victor s'est enamouraché d'une junkie, et disparaît de la circulation. Onze ans plus tard et alors que Pamela vit de nouveau sur Paris avec sa mère, elle est recontactée par une tante, la soeur de Victor qui a enfin retrouvé sa trace et lui apprend que son père vit dans la capitale. Curieuse, Pamela décide de le rencontrer et de faire la lumière sur le passé.
Des dialogues dont le contenu sert à combler un grand nombre d'ellipses, beaucoup de moments fort de cette vie de couple pourtant potentiellement riche étant passés sous silence par l'image. Des passages volontairement manquants donc, et dont on n'entendra finalement qu'une description clinique narrée après coup par les personnages, comme si le spectateur avait du détourner les yeux pour être finalement mis au courant de ce qu'il à raté durant son absence. Ce procédé, qui pourrait sembler vain et incompréhensible, colle pourtant parfaitement à la teneur du récit alors que la jeune Pamela, du haut de ses 17 ans, redécouvre un passé dont elle n'a retenu que quelques bribes et le résultat au présent.

Un concept loin d'être inintéressant, donc, d'autant que sa presque légèreté de traitement et de nombreux très beaux passages aurait pu donner au film des allures de songe, si celui-ci n'était pas plombé par une réalisation encore maladroite (car alternant trop brusquement entre une narration scolaire trop démonstrative et une contemplation aérienne dont on a du mal à trouver la substance), et des dialogues aux élans trop écrits et parfois même frôlant la bêtise (un mémorable et hilarant discours sur les virus informatiques sans queue ni tête). Reste des acteurs à l'unisson illuminés par la présence d'une Constance Rousseau, véritable révélation du film, qui émerveille littéralement de sa simple présence un oeuvre pleine de promesses, même si elles ne sont pour ce coup d'essai qu'à moitié tenues.
David Brami
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