
CINE : SMILEY FACE, LE NOUVEAU GREGG ARAKI
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CINE : SMILEY FACE
Réalisé par Gregg Araki
Avec Anna Faris, Adam Brody, Danny Trejo
Date de sortie : 10 Octobre 2007
Eternel amoureux des adolescents trash, Gregg Araki renoue avec sa veine de prédilection cool avec moins de nihilisme et autant de souplesse juvénile. Même si une seconde fois après Mysterious Skin, il n'a pas signé le scénario. De la même façon qu'on aime à dire qu'un réalisateur se met à la hauteur de ses personnages pour éviter un jugement moralisateur de pisse-froid aigri, le cinéaste se met à la place de ses amis fumeurs de joints et organise un voyage psychotrope en roue libre dans l'optique de séduire toute une nouvelle génération, moins aimable que celle des années 90, qui n'a pas eu la chance de triper en compagnie des sexy James Duval et Rose McGowan ni même la malchance de subir les histoires des petits riches de la série Beverly Hills 90210. Sa nouvelle Shannen Doherty se prénomme Anna Faris, Droopy au féminin dont le visage prend tout l'écran, actrice habituée à concilier les grosses machines calibrées pour beaufs (Scary Movie) et les petites productions indépendantes très réussies (Lost in Translation, dans un rôle de star neuneu qui parle de Keanu Reeves dans les conférences de presse; May, dans celui d'une lesbienne rongée par l'ennui).

Avec sa malice, Araki se sert de l'image qu'elle renvoie pour l'écorner, profiter d'une large part de son public et surtout épuiser toutes les ressources de sa palette comique. Avec une malicieuse ironie, l'actrice blonde laisse entrevoir des racines plus sombres, traîne son allure primesautière et s'illustre plus que bien dans le registre de la nana surexcitée qui rigole comme une niaise après avoir goulûment ingurgité tous les space cake de son colocataire (Danny Masterson, dont la tête de puceau mal dégrossi s'impose comme le seul mauvais choix de casting). Mais il ne faut pas oublier que chez Araki, "comédie" est synonyme de "tragédie". On ne s'étonnera pas que le «drame» de Jane ne réside pas tant dans l'objet de la dépendance que dans la dépendance elle-même et le processus d'autodestruction qui en découle. La gravité est heureusement compensée par un tempo burlesque arraché à la noirceur inconséquente du script. Pas question de réaliser un Mysterious Skin bis.
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