
FANTASIATIK NAKATA: MYSTERE, FANTOME ET OBSESSION
Tout sur KAIDAN - La Critique - Le 2007-08-22 00:14:30
Même s'il a toujours revendiqué une préférence pour les mélodrames romanesques voire romantiques, Hideo Nakata n'en demeure pas moins à l'origine du renouveau du cinéma fantastique asiatique, plus précisément nippon, pour avoir commis la brillante adaptation de Ringu, un roman de Koji Suzuki. Son plus grand risque consistait à transformer le protagoniste masculin qui mène l'enquête en femme. En creusant le sillage d'une peur par infiltration, avec Dark Water, son chef-d'oeuvre absolu qui faisait passer Ringu pour le brouillon d'un élève doué, il a initié une approche très originale de la peur en donnant une importance sacro-sainte à l'eau et à ce qu'elle représente, à la fois nourricière et maléfique, trouble et mortifère. Hideo Nakata assure que l'eau est une source de vie aux effets destructeurs et explique ses craintes par rapport à l'eau en replaçant les histoires dans un contexte précis et insulaire: le Japon, secoué depuis des lustres par des tsunamis, des typhons, des crues de rivière. Au Japon, certains pensent que les fantômes apparaissent dans des lieux mystiques, sous prétexte qu'ils auraient besoin d'humidité et ne pourraient pas apparaître dans des lieux secs. Chez Nakata, son apparition est annoncée comme si une entité maléfique s'exprimait à la périphérie du cadre et explose de manière impressionnante lors d'un climax brûlant comme l'enfer. Dans Ringu par exemple, un coup de fil annonce qu'il va sortir d'une télévision. Dans Dark Water, une tâche d'humidité au plafond en forme d'utérus préfigure la naissance d'un monstre de culpabilité (le même qui oeuvrait dans Ne vous retournez pas, de Nicolas Roeg) et émerge d'un coin sombre de l'ascenseur. Les deux scènes demeurent à elles seules des sommets d'angoisse qu'aucun de cinéaste n'a su égaler ces dernières années.

Entre Ringu et Dark Water, Hideo a dragué d'autres genres: le thriller avec Chaos, le film romantique avec Garasu No Nou, le documentaire avec Sadistic and Masochistic sur le réalisateur Masaru Konuma dont il a été le disciple; et Last Scene, un mélodrame coproduit par le Corée, inédit dans l'Hexagone. Sa mise en scène subtile et allusive propose une alternative aux objets de divertissement sang-pour-sang gore dont les américains semblent friands depuis les succès du splat pack, sorte de corporation djeunz dont font partie Eli Roth (Hostel 2) et autres James Wan (Saw). Avec une virtuosité certaine, The Ring 2 ne répondait pas aux critères de la sequel imposée par un studio et démontait les bonnes formules du cahier des charges. Sous le film au budget confortable, se cachait la mise à mort d'une propre malédiction, l'aboutissement d'un voyage: celui de Nakata au bout d'un système éprouvé. En proposant un dénouement serein et fantasmagorique en totale contradiction avec l'aspect poisseux et réaliste du premier Ringu, il faisait la paix avec lui-même et ses obsessions intérieures torturées. Autant Ringu portait en lui un malaise rugueux et plaçait dans une tension permanente; autant The Ring 2 cherchait à tout désamorcer jusqu'aux effets spéciaux. Encore aujourd'hui, il s'agit en quelque sorte du block-buster le plus ambigu et le plus excitant que l'on ait vu ces dernières années. Une sorte de faux suicide artistique où Hideo réglait ses comptes avec lui-même, ses personnages et sa non volonté de générer pavloviennement un divertissement sur commande.
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CINE : LE PENSIONNAT" Je me souviens très bien de la première fois où j'ai quitté la maison... J'av... | ||







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