

On n'a pas trouvé plus amusant depuis «le sexe qui parle»! Sauf que nous ne sommes pas dans un porno des années 70 (Le sexe qui parle, de Claude Mulot et Francis Leroi) mais une comédie horrifique US où les ados ont passé le cap de l'American Pie et vivent dans les cloaques d'un certain cinéma trash franc du collier. Après la petite cochonne qui prodigue une fellation à son chien et pourtant rougit dès qu'elle dit un gros mot (le tartignole et faux-derche Juste une fois !, de Bob Goldthwait), c'est au tour de l'adolescente de Teeth qui a un vagin avec des dents de faire son entrée en scène. Ce long métrage de Mitchell Lichtenstein, fils de Roy, possède un argument fantastique qui donne envie d'y croire fort en même temps qu'il pousse à ne pas trop y croire tant les pétards mouillés bâtis sur ce genre de synopsis alléchant pullulent et déçoivent. Et pourtant, ô miracle, Teeth ne fait pas partie de ces escroqueries mortifiantes et va jusqu'au bout de son délire cru. A savoir instiller dès la première scène son sujet de fascination trouble - le frangin tout jeune qui joue à touche pipi avec sa soeur - et montrer une fois que le cirque se met en place un nombre considérable de kikis arrachés. C'est pourquoi on s'amuse plutôt bien - voire beaucoup - devant Teeth (que les distributeurs ont eu l'intelligence de ne pas baptiser «American Pie Teeth»).

Une comédie pas comme les autres que l'on sent orchestrée avec amour pour les amateurs de bizarreries indie (histoire de trouver un successeur culte aux Donnie Darko et La secrétaire) et non pas calibrée pour les boutonneux qui ne vont pas forcément adhérer à tous les excès de cette bonne farce. Son point d'orgue, c'est une visite chez le gynécologue - vraiment hilarante - où le personnage principal se pose des questions sur sa mécanique sexuelle (serait-elle frigide ? Mal constituée ? Anormale ?) et veut comprendre ce doux mal qui la dévore. La séance assez hallucinante ne rassure personne, ni le gynéco qui pourtant en a vu passer ni l'adolescente qui se nourrit d'idées déjà noires.












































