

2006. Sam Tyler est chef détective à la police de Manchester. Alors qu'il tente de coincer un assassin libéré par un concours de circonstances à la suite duquel sa petite amie est kidnappée, Sam est renversé par une voiture. A son réveil, le décor lui est étranger et ses habits ont changé. Ne comprenant pas trop ce qui lui arrive, il se rend au commissariat pour découvrir que son bureau est squatté par de nombreux inconnus et leur intime de sortir. C'est alors qu'il rencontre Gene Hunt, Chef en fonction des lieux qui lui annonce qu'il n'est qu'un simple inspecteur transféré de Hyde et qu'il se trouve en 1973. Perdu et déboussolé. Sam, troublé par des hallucinations auditives semblables à celle d'une table d'opération, va alors essayer de savoir s'il est dans le coma ou s'il a réellement fait un bon dans le passé, alors que nombre d'événements dont il n'avait aucune conscience se révèlent avoir un lien avec ceux de 2006.

Déjà responsables de la production des séries MI-5 et Les Arnaqueurs VIP, la boite de production Kudos film & télévision commanda en 1998 plusieurs idées de séries aux scénaristes Tony Jordan, Matthew Graham et Ashley Pharoah. A l'origine conçue comme une série ayant un ton plus léger, Life on Mars, tirant son nom de la célèbre chanson de David Bowie, voit finalement le jour en 2004, lors d'une première saison de 8 épisodes, les chaînes de l'époque étant trop frileuses pour diffuser une série ayant un élément fantastique si omniprésent.

D'un coté interpellé par des voix et des sons troublants, de nombreux éléments portent à croire que Sam se trouve effectivement dans un lit d'hôpital entouré de médecins, d'infirmières et de proches. En effet, il est souvent pris à parti par des éléments que les autres personnages ne semblent pas percevoir : un personnage lui parle du « présent », les décors sont parfois fonction de ses crises en se comportant bizarrement, la télévision et la radio lui parlent directement, la mire lui apparaissant même en live. Il fait de même la rencontre de sa mère (épisode 4) et de son père (épisode 8), rencontres éminemment significatives d'un point de vue psychiatrique et semble t'il trop heureuses pour être le fruit du hasard. Mais d'un autre point de vue, les personnages qu'il rencontre semblent si riches, si humains, et les situations qui lui sont présentées si réelles que le doute est trop énorme pour qu'il puisse se permettre avec certitude de considérer ses aventures comme de simple hallucinations. Ainsi le seul personnage de Annie Cartwright, femme officier qu'il prend d'ailleurs comme confidente, possède des réactions tellement touchantes (même si résolument modernes pour l'époque) qu'il est impossible à Sam de ne pas considérer l'hypothèse du voyage dans le temps. Mais alors, par quel miracle ?

S'amusant constamment à jouer sur la limite des deux registres qu'elle floue avec malice (le show psychologique et l'intrigue fantastique), la série en profite pour plonger le spectateur dans un trip faussement nostalgique alors que son personnage principal se retrouve en plein seventies. Le show se plait ainsi à décrire l'Angleterre plus dure que glamour d'il y a 30 ans avec une minutie et un soucis du détail et de la reconstitution qui force le respect. Visuellement, des murs de briques rouges aux styles de voitures, uniformes, mobiliers et linges qui sèchent en pleine rue, tout sent avec amour le Manchester de l'époque. De même, les intrigues veillent à reconstituer une société dont le large spectre des éléments est abordé : rapports humains bruts, football (avec un magnifique plaidoyer sur l'esprit sportif et sa dégénérescence), pubs et amour de la bière, conflits sociaux, mafia naissante, premier trafics de drogue d'envergure... Même le ton et la réalisation (inspirée de l'avis des auteurs par le Get Carter de Mike Hodges (1971), en plus dynamique cependant et avec une direction photo particulièrement léchée et éclatante orchestrée par le petit fils du directeur photo de celui-ci !) rappellent les séries de l'époque.
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