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DEAUVILLE 2007 : ENTRE CINEPHILIE ET HYSTERIE

DEAUVILLE 2007 : ENTRE CINEPHILIE ET HYSTERIE

Tout sur L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LACHE ROBERT FORD - La Critique - Photos - Le 2008-03-20 13:51:49


Refrain habituel du petit journaliste : accréditation, films et soirées au 33ème festival du film américain de Deauville. Et rien d'autre (ou presque).

WEEK-END & LUNDI

Le festival de Deauville, pour l'instant très mou malgré des «présences» et «des mouvements de panique» , a donc commencé par l'hommage un rien fastidieux rendu à Michael Douglas, venu présenter le très anecdotique King of California, une comédie qui commence comme du sous-Terry Gilliam (un papa toqué - Douglas donc - part à la recherche d'un trésor planqué sous un centre commercial en compagnie de sa fifille compatissante - Evan Rachel Wood) et finit un peu en eau de boudin. Le film aurait beaucoup moins d'intérêt sans l'abattage généreux de Michael Douglas, l'acteur décrochant sans peine un rôle en or dans lequel il s'investit à fond. Pire, on croit voir sous nos yeux éberlués un remake qui s'ignore de Big Fish (extraordinaire qui contamine le réel, enfant qui plonge dans la folie du père) et Norway of Life (quête du Graal pour sauver le monde qui se déshumanise). A la sortie de la projo, tout le monde semblait déjà avoir oublié le film mais une question était sur toutes les lèvres des festivaliers - enfin, sur les miennes : à quand un hommage digne de ce nom à la divine et trop rare Kathleen Turner ? Et William Hurt ? Etc. C'est fou comme les acteurs eighties nous manquent aujourd'hui.

king of california

De notre côté, les interviews s'enchaînent sans répit. A peine arrivé que le lendemain matin, je couvre les interviews de En cloque, mode d'emploi, une comédie trop longue (plus de deux heures) mais plutôt sympa avec une vraie acuité dans les rapports homme/femme (est-ce qu'on est obligé d'être sur la même longueur d'onde que la nana avec laquelle on fait l'amour ?), des saillies comiques plutôt tordantes (que la décence journalistique empêche d'écrire) et une réflexion sur le sens de l'humour (est-ce qu'on peut rire de tout avec tout le monde ?). Je commence l'enchaînement frénétique des interviews avec Judd Apatow, réalisateur et scénariste tendance, qui confirme les qualités de son 40 ans, toujours puceau ; et dans un second temps Leslie Mann et Seth Rogen, respectivement femme de Judd et premier rôle masculin du film, qui se balancent des vannes pendant les interviews, rigolent à faire trembler les murs et vous félicitent pour votre anglais alors que vous savez pertinemment que vous avez un accent à chier. Encore merci, les gars. Les attachées de presse, généreuses, aiment à gâter cette douloureuse épreuve - réjouissante, malgré tout, lorsque le film est bon - avec des sacs «en cloque, mode d'emploi», histoire de te balader dans la rue sans avoir l'air débile, et surtout une paire de lunettes «vise-nibards» de nerds, «histoire de» bis.


Et ce n'est pas fini. Pendant que Stan part interviewer l'équipe des Rois de la glisse, la tournée promo continue - avant de foncer dans la rappeuse Diams - avec les intelligents Paul Greengrass et Matt Damon où ça rigole moins et qui n'aiment rien tant que sortir (à l'ouest) des rail des questions routinières («mais pourquoi avez-vous fait un troisième opus Jason Bourne ?», «Et Franka Potente, elle est sympa ?»). Au premier, on parlera de La bataille d'Alger (le film préféré de Greengrass - dont on reparlera très prochainement dans une analyse binaire du tonnerre La bataille d'Alger versus La vengeance dans la peau) et au second, de Béla Tarr (dont il est un gros fan depuis Gerry). Tout ça en moins de huit minutes top chrono chacun. Emballé, c'est pesé avec des cadeaux, encore (des tee-shirts et une casquette Bourne du plus bel effet) et une invit' méga classe à la soirée. En attendant de rencontrer l'autre pote de Matt : Ben Affleck qui passe derrière la caméra dans Gone, baby gone (on en reparlera lors de sa présentation mercredi).

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