

Le film est né d'une gageure : écrire et réaliser un film en anglais. Et ce défi, Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa l'ont concrétisé. Pour peu qu'on se renseigne sur eux, ils évoquent rapidement un autre duo : James Wan et Leigh Whannell, les responsables du premier Saw, deux amis malins et fans du genre qui, avec un très maigre budget, ont réussi à édifier une série B très exemplaire. Fabrice et Jean-Baptiste adorent des films aussi divers que L'échelle de Jacob et Angel Heart et vouent un culte au monde onirique, sombre et pénétrant de David Lynch. Des influences qui se ressentent. Après avoir écrit quelques scenarii, les deux compères quittent l'Hexagone pour se lancer dans une carrière aux Etats-Unis. Enième récit Jean-Claude-Van-Damnesque ? Non. Par d'heureux concours de circonstances (ils sont tombés sur des producteurs français), ils finissent par accéder à leur rêve. Le film s'est tourné à Los Angeles en trois semaines, en novembre 2001, après deux mois et demi de préparation, un an après l'écriture du script.

Sur le papier, l'intrigue est d'une simplicité exemplaire. A la veille des fêtes de Noël, Frank et sa famille se rendent en voiture chez les parents de sa femme pour y passer le réveillon. Mais le père a le malheur de prendre un raccourci. Sur leur route, ils croisent bientôt une femme en blanc, qui augure de mauvais présages. A l'écran, c'est un défi de poids : plaquer les codes du huis-clos pour un film qui se situe à l'extérieur. Le climat des bois (hantés ?) ajoute à la paranoïa ambiante et surtout facilite cette sensation d'oppression. Avec son introduction déjantée, le film annonce d'emblée un ton furieusement déconneur. Le message des deux réals plaide pour l'hédonisme, le simple plaisir du divertissement qui tache. Sauf que, sous l'apparente désinvolture de ce produit français made in US (ou l'inverse, comme vous voulez), se cache une fiction fantastique habile et très astucieuse. En clair, une bonne surprise. Une bonne surprise qui hélas ne bénéficiera pas des joies du grand écran. Même Mindhunters de Renny Harlin n'aurait pas mérité un tel traitement...







































