
HALLOWEEN
Un film de Rob Zombie
Avec Malcolm McDowell, Tyler Mane, Sheri Moon, Daeg Faerch, Scout Taylor Campton, Brad Dourif, William Forsythe, Danny Trejo, Dee Wallace, Ken Foree
Durée : 1h45
Date de sortie : 10 octobre 2007

Parce qu'il grandit dans une cellule familiale chaotique, personne ne prête attention au comportement du jeune Michael Myers qui s'enferme pourtant dans sa chambre pour dépecer des animaux. Alors que ses professeurs et le pédopsychiatre Samuel Loomis tentent d'alerter sa mère, Michael assassine sauvagement un copain de classe l'après midi d'Halloween avant de rentrer chez lui. Laissant libre cours à des pulsions que l'enfant lui-même ne peut expliquer, il s'apprête alors à massacrer tout ceux qui se mettent entre lui et sa petite soeur. La seule qu'il tient encore en considération...
Rob Zombie avance donc à cloche-pied au bord d'un gouffre en se penchant sur le mythe du film d'horreur de base, à qui une sacrée pelleté de séries A, B ou Z doivent tout. Halloween est certainement le film auquel ne fallait pas toucher. Il s'était par ailleurs lui-même manifesté sur le traitement honteux des derniers remakes en question qu'il considère - à juste titre - comme quelques produits pour ados à la culture cinématographique médiocre, en insistant lourdement sur l'exécration qu'ils lui procuraient. "Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais !" sommes nous tentés de penser lorsqu'il se réapproprie le projet. Son premier risque, et pas des moindres, c'est de totalement se discréditer après avoir fait l'unanimité sur ses films précédents. On ne pardonne certainement pas à un donneur de leçons en cas d'échec...

Le second risque, plus commercial celui-ci, c'est de revenir aux véritables enjeux du cinéma de frayeur, comme ils étaient pensés à l'époque où Carpenter a justement mis son oeuvre sur pied. Le cinéma d'horreur de base, dans tout ce qu'il a de conceptuel, et dont les scripts au papier calque ne sont jamais une embûche Un genre misant sur le mal pur, la violence existant par elle-même, l'agoraphobie ambiante des gens vis-à-vis des autres, parce que les faits divers seront toujours plus catalyseurs de peur que n'importe quelle histoire de monstres ou de fantômes. Aussi scénariste pour l'occasion, Zombie épure donc son intrigue autant que possible pour ne se focaliser que sur un malaise général. Pas de twists tordus, pas de véritable prétexte, surtout pas de morale, mais juste l'histoire d'un être humain (Michael Myers, qui est le véritable héros du film) parfois autant victime que bourreau. Ce qui engage Halloween très loin des quelques intrigues policières grandissantes dès lors qu'un assassin rode, pour quelque chose de plus bateau : le Boogeyman est là, peu importe son aspect, et il est trop tard lorsque l'on s'en rend compte.
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