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CINE : DARLING

CINE : DARLING

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    Marina Foïs et Guillaume Canet se livrent ici à une interprétation plus que difficile dans un sujet qui l'est tout autant, soit la vie de Darling, jeune femme victime dès son enfance de violence physique et morale par son entourage. Cette histoire vraie et sombre avait été contée à Jean Teulé qui, bouleversé, en avait fait un livre poignant sorti il y a quelques années.

DARLING
Un film de Christine Carrière
Avec Marina Foïs, Guillaume Canet
Durée : 1h33
Date de sortie : 07 novembre 2007

La vie d'une femme de la campagne qui se crée son univers malgré la violence d'un destin qui la poursuit sans cesse. Et ce dès sa plus tendre enfance. Revenant elle-même sur son existence noire, elle nous la raconte sans rancune au travers d'une C.B...

Il faut bien avouer qu'aux premiers abords, on s'attend à une comédie franchouillarde, au vu d'un casting habitué au genre. Marina Foïs et Guillaume Canet, il est parfois difficile de les détacher de l'humour pour la première ou du romantisme pour l'autre. D'ailleurs, notons qu'ils s'étaient déjà retrouvés il y a quelques temps dans Un ticket pour l'espace.

Est-il possible dès lors de retrouver nos deux comédiens sans cabotinage, ni grimace pour l'une, et sans la french lover attitioude de l'autre ? Cherchent-ils ici à casser leurs images artificiellement en essayant de prouver au public (et à eux-mêmes) qu'ils sont capables d'interpréter un drame ? On pourrait le croire. Cela se produit fréquemment chez un acteur populaire qui désire soit par véritable envie, soit par prétention, soit aussi par pur coup marketing renouveler son éventail de personnages et d'univers. De Jean Gabin à Bourvil, de Robin Williams à Bernard Campan, ils ont tous cherché à casser leur propre image en se retrouvant là où on ne les attendait pas. Et ce pour le meilleur ou parfois pour le pire. Prenons Jim Carrey. Abonné aux frères Farelly et autres Ace Ventura, il a tenté au travers des magnifiques Truman Show et Man on the Moon qu'il possédait un talent dans ce registre (même si aujourd'hui il essaye de nous le faire oublier...).

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Il est important de s'attarder sur ce point, et c'est bien là le principal enjeu du film. Car disons-le, l'histoire peut se résumer assez facilement et n'a rien d'original, si ce n'est l'interprétation et la cohérence que l'équipe peut lui insuffler. Le récit peut rapidement succomber à un pathos lacrymal, ce qui n'est pas le cas ici. Derrière la caméra de Christine Carrière qui par instants donne toute sa valeur au personnage de Darling, une fille que la vie rejette incessamment hors d'un bonheur qu'elle ne peut jamais atteindre, il n'était pourtant pas aisé de réussir ce pari. Par moment atteint lorsque la réalisatrice s'autorise à laisser tourner certaines séquences - notamment une courte mais intense scène chez le juge d'instruction où Marina Foïs est étourdissante d'émotions - mais parfois aussi instant manqué, comme certains seconds rôles qui n'arrivent pas toujours à nous convaincre.

Seulement, le vrai problème de ce film tient principalement à Guillaume Canet, ou plutôt à son personnage. L'acteur nous a habitué à des choses étonnantes dans des films comme Barracuda ou Mon Idole, ici il ne convainc guère. Mais il faut dire que de le voir jouer un routier alcoolique et violent n'a rien de plausible. De plus, face à une excellente Marina Foïs qui prend son rôle avec sincérité et naïveté, l'alchimie ne prend pas.

Il est de plus certain que le film manque par moments d'audaces formelles, ou que l'alternance d'instants tantôt grotesques, tantôt dramatiques, décontenancera parfois le spectateur. Mais ici, le propos du livre, matériel de base qui présentait déjà ce rythme étrange image assez bien le propos d'une femme déboussolée, qui avance avec un poids qu'elle a du mal à porter sur ses épaules. Petit film qui nous livre Darling, nous propose de mieux la connaître sans jamais accuser facilement - comme on le voit trop actuellement - un coupable ou en cherchant à la victimiser artificiellement afin de soulager nos bonnes consciences. Car la vie de cette Darling, c'est la vie de beaucoup de femmes. La distanciation et la banalité pourront apparaître étranges pour le spectateur mais au final il sert en fait ce propos simple. C'est pour cela que la réalisatrice nous montre au travers d'une réalisation sobre son enfermement, et ce dès la première scène où Darling nous est montrés floue derrière une vitre opaque ou bien les nombreuses scènes où l'héroïne se retrouve derrière des barreaux. Ces artifices ne sont guère originaux, cependant ils fonctionnent ici.

Avouons-le, ce film ne laissera pas un souvenir impérissable au spectateur. Toutefois, il lui présentera tout de même pendant une heure trente une femme touchante et forte, qui ne peut le laisser totalement indifférent. Et puis, espérons-le, permettra à Marina Foïs d'accéder à des rôles à la mesure d'un talent qu'elle laisse entrevoir...

Sylvain Perret

  

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  Note des Lecteurs
pak Magnifique Marina 6    25 jan
 


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9.6/10
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