
A VIF
Un film de Neil Jordan
Avec Jodie Foster, Terrence Howard, Naveen Andrews
Durée : 2h02
Date de sortie : 26 septembre 2007

Quelques semaines avant leur mariage, Erica Baine, chroniqueuse radiophonique, et son petit ami David se font violemment tabasser au coeur de Central Park. Se réveillant après trois semaines de coma, elle apprend que David est décédé des suites de ses blessures. Commence pour elle une vie de paranoïa et de souffrances... Jusqu'au jour où elle se procure illégalement une arme afin de ne plus avoir peur. Elle comprend assez vite qu'il est facile de tuer. L'idée de se venger commence peu à peu à naître en elle...
Il est toujours délicat d'évoquer le thème de la vengeance, et plus particulièrement quand elle entraîne une folie meurtrière. Le film de Neil Jordan pose l'éternelle question de la justice individuelle, de ses conséquences et de la morale qu'elle engendre. Est-il concevable de faire sa propre justice ? Dans quelles circonstances ? Quelles en sont les frontières ? A vif englobe ces interrogations et prend étonnamment des chemins peu balisés, souvent mal limités mais assez intéressants pour ne pas crier instantanément au scandale...

Le film possède en effet un atout majeur : son actrice principale. Faisant état d'un grand talent, Jodie Foster réussit l'exploit d'interprêter ce personnage complexe d'un être tiraillé entre ses valeurs et sa soif de vengeance... Il est passionnant de voir comment cette femme, parfaite sous tout rapport, sure d'elle et visiblement intègre peut prendre à contre-pied toutes ses croyances et sombrer dans une descente aux enfers la menant aux actes les plus déséspérés. Partant dans une guérilla contre les malfaiteurs de ce monde, Erica Baine va alors pointer son arme et tirer... Car il est facile de tuer, Neil Jordan nous le fait comprendre. Mais il est encore plus facile de recommencer. Et là où le film aurait pu perdre pied, en cherchant la sympathie du spectateur pour cette meurtrière, il ne fait que légérement trébucher. Car si l'écriture est parfois un peu lourde, on se surprend à comprendre le processus pouvant pousser à agir ainsi. C'est notamment grâce à la subtile utilisation du métier d'Erica, reporter radio, et de son magnétophone lui servant de journal intime, que l'on suit la pensée du personnage et son évolution. Intelligemment, Jordan ne cherche pas à excuser les actes de cette dernière mais plutôt à les expliquer. Il s'attarde ainsi beaucoup plus sur l'état mental et physique d'Erica que sur les meurtres...
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