
DOSSIER : TWIN PEAKS, LA SERIE EN DVD
Tout sur TWIN PEAKS : FIRE WALK WITH ME - Le 0000-00-00 00:00:00
La sortie en zone 2 de Twin Peaks, série expérimentale, à la fois drôle et horrifiante, est en soi ce que l'on appelle une arlésienne tant les dates se sont avérées approximatives et indéterminées pendant longtemps. Cette fois-ci, c'est la bonne. Son édition dvd débarque quinze ans après sa diffusion télé. On n'y croyait plus mais elle coïncide avec celle d'INLAND EMPIRE, ce qui n'est peut-être pas hasardeux. Le dernier film somme et monstrueux de David Lynch se révèle extrêmement proche de la structure, de l'humour et des figures stylistiques de la série Twin Peaks où la vérité ne se révèle que dans les bois, la nuit venue. Dans les songes. Souvenez-vous de la première confrontation entre Grace Zabrieskie et Laura Dern et écoutez attentivement ce qu'elles se racontent. Certes, si on excepte Une histoire Vraie, le film le plus singulièrement singulier de sa seconde période qui empruntait une ligne droite et intelligible, ses films suivants, de Lost Highway à Mulholland Drive, introduisaient tous les thèmes de la dualité morale, des univers schizophréniques, de la peur sourde et de la paranoïa ambiante. Mais c'est INLAND EMPIRE, plus que les autres, qui marque en reprenant quelques effets comme cette scène onirique dans la chambre rouge avec Sheryl Lee et Kyle McLachlan qui a été tournée à l'envers. Dans INLAND EMPIRE, on retrouve cette même astuce lors d'une scène tout aussi étrange où les personnages semblent se perdre dans le transcendantalisme tibétain cher à l'agent Dale Cooper.

L'idéal serait de voir le film qui en est tiré avant, même si la logique de Lynch veut que la prequel ait été filmée pour le cinéma seulement une fois la série achevée. On retrouve dans Twin Peaks version cinéma tout ce qui fait la puissance - et les fondements même - du cinéma de Lynch: routes sans fins qui ne mènent qu'aux pires cauchemars, démons et dualités chargés en symbole, Amérique perverse, musique planante... Il imposait plus radicalement encore que dans Blue Velvet les normes cinématographiques du cinéaste. Cette addition d'éléments perturbateurs lui permet d'instiller un climat énigmatique et ténébreux. En se focalisant dans un premier temps sur une enquête policière irrésolue - et irrésoluble, en contant dans un second les sept derniers jours tourmentés d'une jeune fille modèle qui ne comprend pas qui a bien pu arracher les pages de son journal intime et qui arbore le soir venu le visage d'un démon lubrique et fou, Lynch colmate deux histoires qui finissent par se correspondre et se fondre - fait encore plus troublant. Depuis, les liens entre le cinéma et la série télé sont devenus très étroits dans la tête de David Lynch. Pour donner des exemples précis, Mulholland drive était à l'origine le pilote d'une série télé rejetée par la chaîne ABC qui finalement est devenu un long métrage exceptionnel où tous les mystères semblent se révéler sous nos yeux au gré de visionnages répétés. Au point de rendre fou.







































