
CINE : LE DEUXIEME SOUFFLE
Tout sur LE DEUXIEME SOUFFLE - La Critique - Photos - Le 0000-00-00 00:00:00LE DEUXIEME SOUFFLE
Un film d'Alain Corneau
Avec Daniel Auteuil, Monica Bellucci, Michel Blanc, Jacques Dutronc, Gilbert Melki, Eric Cantona, Daniel Duval
Date de sortie : 24 octobre 2007

Le deuxième souffle renoue avec la grande tradition du cinéma policier français auquel il rend un hommage appuyé, autant par le fond que par la forme. En l'occurrence, Alain Corneau est un spécialiste du genre qui possède à son actif des films noirs aussi différents que Police Python 357, Série noire, Le choix des armes et Le cousin, mais qui a choisi cette fois de réaliser un film d'époque, avec tout ce que cet exercice de style suppose de nostalgie et d'esthétisme. Il sert d'abord une histoire d'hommes d'autant plus solide qu'elle repose sur une galerie de personnages particulièrement fouillés. Le scénario, écrit par Corneau, mais dialogué avec Giovanni, imbrique dès lors deux antagonismes frontaux et corrélatifs. D'abord celui qui oppose le caïd sur le retour qu'incarne Gu Menda -un bandit d'honneur qui ne supporte pas l'idée qu'on puisse lui imputer des coups fourrés et décide de séparer le bon grain de l'ivraie- à un Milieu interlope où certains bandits adoptent des méthodes de voyous, à l'instar de Jo Ricci (Gilbert Melki) dont le frère Venture (Daniel Duval) appartient à l'ancienne école.

Dans un effet miroir saisissant, les forces de l'ordre se retrouvent également en proie à une confusion totale des valeurs : face aux méthodes traditionnelles utilisées par le commissaire Blot (Michel Blanc), un fonctionnaire cynique mais efficace, son confrère Fardiano (Philippe Nahon) use de pratiques moins orthodoxes calquées sur celles de la Gestapo voire de l'armée française en Algérie. Dans ce contexte troublé, la confrontation du Bien et du Mal échappe ainsi aux lois du manichéisme. C'est là le message principal de ce polar beaucoup plus subtil qu'il n'y paraît dans sa description d'une pègre en train de basculer vers l'immoralité absolue. Le film se déroule en effet au début de la Cinquième République et ce n'est pas un hasard. Le plan final sur une rue souligne cette évolution accélérée des esprits.












































