
Sam Riley : Quand avez -vous vu le film ?
Au festival de Cannes, j'ai vu que vous étiez dans la salle, avec la standing ovation...
C'était la première fois que je le voyais. Ca faisait un an que nous avions fini le tournage, et j'avais une grosse appréhension. J'avais un peu peur, mais ça s'est effectivement bien passé. J'aime beaucoup le groupe, comme de nombreux fans, et il y a toujours ce problème avec les biopics, ils sont toujours un peu déviants.
Vous avez fait de la musique dans un groupe, jouez-vous encore avec eux aujourd'hui ?
Oui, depuis le film, nous avons enregistré avec mon frère. Mais nous allons juste rendre la chose disponible pas le biais du net. Ce n'est pas la même formation qu'aux débuts du groupe, certains ne voulaient plus jamais jouer de musique... Mais j'adore cela, j'ai toujours aimé écrire de la musique et en jouer, c'est quelque chose que je ferai toujours mais je ne pense pas que je serai connu pour cela. Je ne vais pas m'y consacrer au point d'en faire carrière.
Vous êtres-vous senti proche du rôle que vous interprétez dans le film, vu que vous êtes aussi le frontman de votre groupe ?
Et bien, dans certains aspects, oui, vu que ce n'était pas un obstacle pour moi de monter sur scène en face d'un publique et de chanter. Mais évidemment d'un autre point de vue, je devais oublier tout ce que je savais déjà de mes propres tics de scène afin de vraiment devenir Ian et non Sam Riley de 10 000 things. Ca aurait vraiment mis les fans hors d'eux. Mais quelque part je savais que je pouvais comprendre les sentiments de partir en tournée et la pression qui vient avec la responsabilité, les critiques...

Cela vous a peut-être aidé à comprendre son goût pour la création artistique et l'écriture ?
Effectivement. Quand nous avions le même âge, vers 16 ans environ, j'écoutais moi-même David Bowie, Iggi Pop et Lou Reed, plus que d'autres styles de musique, c'était plus mon rayon. Et j'imagine que nous rêvions tous deux d'être des rocks stars, même si mon niveau d'écriture et de parolier n'atteindront peut-être jamais son niveau de poésie, mais nous avons tous deux essayé.
Ian ne savait pas qu'il atteindrait un niveau qui viendrait toucher celui de Lou Reed et de Bowie...
Oui mais je pense que si vous être un frontman, et même si Ian était un homme plutôt modeste, on se doit d'avoir un certain ego pour assumer que quiconque voudra bien écouter ce que vous avez à dire. Se tenir face à une salle comble et chanter, c'est quelque chose d'assez bizarre à faire, on se doit d'avoir de l'ego et de l'ambition. Je pense qu'il avait véritablement l'ambition d'atteindre ce niveau, mais dans un sens, plus il s'en approchait, plus il était terrifié. Une de ses nombreuses contradictions était qu'il voulait devenir cette sorte de personnage, échapper à sa femme et à son enfant, bien qu'en même temps il ne le voulait pas, et la perspective de partir aux Etats-Unis était également terrifiante, mais il était empli de contradictions.









































