
CINE : LES PROMESSES DE L'OMBRE
Tout sur LES PROMESSES DE L'OMBRE - La Critique - Photos - Le 0000-00-00 00:00:00LES PROMESSES DE L'OMBRE
Un film de David Cronenberg
Avec Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel, Armin Mueller-Stahl
Date de sortie : 07 novembre 2007

Il y a un côté monstre dans le cinéma de David Cronenberg qui provoque l'admiration des uns en même temps qu'il libère la fureur des autres. Or, rien n'est plus agréable au cinéma que d'être surpris par un film qui s'avère l'exact contraire de nos prévisions. On craignait un thriller académique et paresseux. Un film de commande sans âme. Qu'on se le dise: Les promesses de l'ombre EST un film viscéralement Cronenbergien qui en surface simule une histoire éminemment classique empruntant la forme d'une enquête policière. En substance, il traite de la notion d'existence et de la rédemption par l'amour. Levons un coin du voile: une sage-femme (Naomi Watts) enquête sur l'identité d'une adolescente Russe, morte en couche, le soir de Noël. En lisant son journal intime, elle découvre son ancienne vie de prostituée, mêlée malgré elle aux agissements d'un groupe de proxénètes (Viggo, Cassel et cie). Et si elle allait confondre sa vie avec celle de la défunte pour faire éclater la morale? En premier lieu, désamorçons deux trois vilains a priori. Malgré les apparences et bien qu'il n'ait pas signé le script, l'ami David remet ouvertement sur le tapis ses obsessions de toujours. Il suffit de voir les moments les plus tendus de l'intrigue et la caractérisation des personnages pour s'en convaincre. Les tatouages, la confrontation de deux mondes opposés, le plaisir et la souffrance intrinsèquement liés, l'ambiguïté des sentiments, le sexe et la violence et la dualité des personnages constituent isolément ou ensemble des éléments narratifs récurrents dans l'univers du cinéaste.

D'autant que si on veut s'amuser à jouer au plus fin, on se rend compte que d'un bout à l'autre, Cronenberg ne fait qu'une chose, au-delà des rebondissements obligatoires et des enjeux dramatiques: questionner l'identité. Comme il l'avait fait précédemment dans A History of Violence. Comme il l'a toujours fait. Dire que Cronenberg a changé se révèle donc rigoureusement faux. C'est juste la forme qui ne suit pas et qui dérange par sa neutralité abstruse. Son style est devenu extrêmement pervers car moins ostensible, moins identifiable. On peut aussi faire économie de l'analyse et prendre le film au premier degré du thriller. Et ça fonctionne tout aussi bien. Son cinéma sans afféteries ni provoc' bidon est capable de regarder en face la monstruosité sur la route d'une pudeur et d'une sensibilité insoupçonnées. Ce qui intéresse Cronenberg ici n'est pas de réaliser des plans traumatisants - même s'il les soigne et que les scènes de meurtre sont espacées et brutales pour souligner leur impact. Plus de sonder la psychologie de personnages fâchés avec eux-mêmes, entre passé, destin et impuissance.

















































