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ANNEES EROTIQUES : INTERVIEW JEAN-FRANCOIS DAVY

ANNEES EROTIQUES : INTERVIEW JEAN-FRANCOIS DAVY

Tout sur Prenez la queue comme tout le monde - Le 0000-00-00 00:00:00


    A l'occasion de la sortie du coffret six dvds de ses comédies paillardes et érotiques contenant les inénarrables Bananes Mécaniques, La débauche, Prenez la queue comme tout le monde, Q, Le désir et La femme en spirale, Jean-François Davy nous reçoit dans sa belle demeure parisienne pour parler d'une époque insouciante où l'on n'avait pas peur des blagues gauloises. Entre galères, censure et pornographie, les anecdotes ne manquent pas.

Interview: Romain Le Vern




Pendant votre carrière, vous avez concilié cinéma érotique et film d'auteur. Pourquoi ?
Je suis souvent revenu vers le cinéma érotique parce que ça marchait mieux. Certains de mes films ont bien marché, d'autres pas. Dans les films disponibles dans le coffret, les deux qui ont fonctionné sont Prenez la queue comme tout le monde et Bananes mécaniques. Ils ont fait un million d'entrées chacun. A l'époque, j'avais pris un parti qui était considéré comme extrêmement dangereux, visant à mêler l'érotisme et la comédie. Si on enlève les scènes érotiques, les films restent des comédies. A l'époque, sur une heure et demi de film, il y a vingt minutes de scènes érotiques. Ça fait une comédie pimentée d'une heure dix. J'ai essayé d'aller vers une sexualité rigolote et complètement intégrée à la comédie. Q est celui qui a le moins bien marché. On avait décidé de le baptiser Q en réaction au Z de Costa Gavras. C'était trop second degré et à ce moment-là, on pensait aller un peu trop loin. Ceci dit, il a fait un score honorable au box-office français, comparativement aux chiffres actuels.

Est-ce que des films comme ceux de cette période paillarde pourraient se faire aujourd'hui ?
Oui. Bizarrement, il y a eu un clivage en 1975 au moment de la loi X. Avant, on avait la liberté de faire ce qu'on voulait et donc pas de censure. A partir de la loi, le X s'est retrouvé dans un ghetto. Et à l'époque, l'érotisme est quasiment considéré comme de la pornographie. Ainsi, le cinéma traditionnel s'est complètement démarqué de ce ghetto. Ça a crée des situations un peu étranges qui font que par la suite on n'a plus retrouvé (ou presque) du vrai érotisme dans le cinéma français. C'est étonnant parce qu'aujourd'hui rien ne s'y oppose. Il y a même une catégorie spéciale qui a été créée à la sortie de Baise-Moi, une interdiction aux moins de 18 ans pour les films considérés comme trop sulfureux. Je pense en réalité que ce genre de films naissent dans l'air du temps. J'ai toujours un projet qui va dans ce sens-là avec du sexe explicite et un vrai scénario que je voudrais du niveau de Woody Allen et de Bergman pour les rapports entre les personnages. La grande surprise... Enfin, je ne vous dirai pas qui c'est. Mais j'en ai parlé à un acteur connu réputé pour sa carrière au théâtre qui serait d'accord pour tourner dans un film pornographique. Si j'ai un sujet qui justifie les scènes pornographiques, je n'hésiterai pas. Je suis le premier surpris car jusqu'à maintenant, les comédiens voulaient ménager leur notoriété et même lorsqu'ils étaient tentés par le porno, ils n'osaient pas franchir le pas. C'est toujours plus agréable de travailler avec de bons comédiens qu'avec des acteurs du hard qui sont «hardsardeux» (il rit). Je pense que l'on va revenir à une plus grande décontraction vis-à-vis du sexe dans le cinéma. Quand on fait de l'art, c'est ridicule d'exclure tant de possibilités. Que ce soit en peinture, en littérature ou en sculpture, à toutes les époques, la sexualité était très présente.


A l'époque, vous étiez proche de cinéastes comme Jean Rollin ou Francis Leroi qui oeuvraient dans le même registre que vous.
Oui, bien sûr. Je le suis toujours avec Jean. Il était présent lors de mon anniversaire il y a quatre mois. On avait un chef-opérateur en commun qui a travaillé sur nos films, également sur ceux de Claude Mulot, le réalisateur du Sexe qui parle. On était très peu à faire des comédies érotiques. Je me souviens avoir fait partie du jury au premier festival pornographique qui se déroulait pendant l'été 75. Le Sexe qui parle avait reçu le Grand Prix.

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G, f C'est rigolo, mais...    25 sep
 


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