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JAN KOUNEN : IL REVIENT, IL EST PAS CONTENT

JAN KOUNEN : IL REVIENT, IL EST PAS CONTENT

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99 Francs, c'est incisif comme un tract. Ça parle de la pub qui est partout. Dans la rue. Dans les supermarchés. Sur DVDRAMA. Et c'est un fléau. Venons-en a bout. Le film? Un projet kamikaze qui explose le roman de Beigbeder. Bref, c'est pas pour les pisseuses qui kiffent leur race Jean Dujardin dans «Un gars, une fille» et qui aimeraient lui envoyer des textos avec des lol et des mdr. Dans 99 Francs, il a une tête de con, le loulou. Des lunettes, une coupe de cheveux et un visage à baffer. T'es pas content(e)? Ç'est que t'es trop jeune. Non, ce n'est pas la nouvelle comédie de Jean Dujardin, c'est le film de Jan Kounen. Comme steak n'était pas la nouvelle comédie d'Éric et Ramzy mais le truc malsain de Quentin Dupieux & Sébastien Tellier. Alors 99 Francs, c'est quoi au juste? Un requiem acide et provoc' sur les foules sentimentales. Un pamphlet qui gerbe sur la société de consommation et qui en même temps fait sa promo au JT de 20 heures et chez Michel Drucker. Tout et sa contradiction, jusque dans ses deux fins (la première, réaliste; la seconde, fantasmée) qui laissent tristes, perplexes et heureux. Chaos, bordel, coke en stock, confusion, savon, bobo blase, goldfrapp et bad bad trip a Miami. Apres le massacre Blueberry et les expériences chamaniques, Jan Kounen revient. Il n'est pas content et il a raison. Ci-dessous, 99 bonnes raisons d'aimer ce film. Ou un peu moins.


Animation Story
Dans 99 Francs, le brûlot qui te craque les tympans (visible dans tous les bons cinémas pour une modique somme), une séquence en animation montre des personnages en bad trip à Miami qui foncent sur les quidams et pensent que le sang, c'est du ketchup. Ce n'est pas un effet de style: avant de réaliser des films azimutés, Kounen a commencé dans le dessin animé. Il a fait des études à l'E.P.I.A.R. (Ecole des arts décoratifs à Nice) et découvert dans le cadre d'un exercice qu'il est plus à l'aise dans les petits films tout rikikis que dans les gros. C'est d'ailleurs ce que l'on sent en regardant des films comme Darshan, docu méditatif sublimement mis en scène qui dans ses moments les plus inspirés possède la grâce du Baraka de Ron Fricke. Grâce à cette expérience d'école d'art, il réalise deux courts métrages (Soft en super 8 et La Mort jaune - The Broadword en 16 mm). Fasciné par «Métal Hurlant», son magazine de chevet, il propose des films d'animation pour la télévision hollandaise avant de passer à la pixillation, technique d'animation image par image. Il est sorti de l'école en 88 avec le diplôme national supérieur d'expression plastique. Depuis, l'école est finie.


Boulevard des clips
Soyons clairs: Jan a fréquenté toutes les cases (pub, clip, documentaire, fiction, court-métrage et tutti quanti). Dans 99 Francs, le tournage du spot publicitaire pour le yaourt tellement onctueux qu'il te donne envie de le goûter où l'on entend le Lovely Head de Goldfrapp en boucle a dû éveiller chez lui des souvenirs très familiers. Non seulement pour avoir réalisé des pubs en France et ailleurs (Allemagne, Grande-Bretagne) mais aussi des clips (pour le choix de la bonne zique). Après son excitant Gisèle Kérosène, tourné à l'aube des années 90, Jan a signé un clip pas dans les normes pour le groupe Elmer Food Beat (Daniela). À son palmarès, on peut ajouter les contributions pour Erasure, groupe de pop doucereuse mené par son leader Andy Bell, responsable de tubes inénarrables comme Chains of Love et Love to Hate You. Ayant travaillé avec eux pendant leur grande période «on reprend les tubes d'ABBA», Jan a réalisé les clips de Voulez Vous? et Lay all your love on me. Comment ça, ce sont des casseroles?


Court circuit
Ceux qui résument la carrière trépidante d'un Jan Kounen sans-frontières à deux trois longs métrages, ignorent donc tout de ses premiers courts métrages qui rivalisaient d'excentricité et d'inventivité. Son Gisèle Kérosène qui racontait l'itinéraire tordu d'une sorcière à la recherche d'un fétiche dans le quartier de la Défense à Paname était déjà très inspiré par ses expérimentations dans l'animation avec un goût du visuel saccadé. Mais le top reste son Capitaine X et ses répliques qui te décollent la mâchoire, où des mercenaires font prisonnier un soldat du camp adverse (le soldat étant le spectateur, les mercenaires s'adressant ainsi à la caméra). Comprendre par là que Kounen expérimente déjà la subjectivité en bousculant le statut du spectateur, peinardement installé dans son fauteuil. C'est sans doute de là que vient le sens de la provoc chez Kounen. Au cinéma, il n'hésite pas à perdre le spectateur dans un océan d'ultra violence régressive (Dobermann) pour quelques années plus tard lui proposer des expériences zen où on lave ses stigmates d'urbain blasé (D'Autres mondes, L'Étreinte et Blueberry). Pour in fine revenir à l'agression visuelle de 99 Francs où le spectateur est dès le départ submergé par des messages mercantiles. La devise Kounienne? Surprendre. Quoi qu'il en coûte (hé hé).

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hazel_motes_7 Jan Kounen    28 sep
popcorn malin Capitaine X    27 sep
ranu Fan de Blueberry (oui), mais...    27 sep
marcelus le monde est fou    26 sep
teo D'accord avec DE PHIBE    26 sep
Phibes Beigbeder, Kounen, Dujardin    26 sep
DELT LIBRE ARBITRE    26 sep
 


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