
Le Royaume
Un film de Peter Berg
Avec Jamie Foxx, Jennifer Garner, Ashraf Barhom
Durée : 1h50
Date de sortie : 31 octobre 2007

Tâche plus qu'hasardeuse que d'aborder Le Royaume de manière frontale. Car le film n'est en rien une déclinaison empreinte de l'esprit stéréotypé et pachydermique de Blood Diamond. A contrario de ce celui-ci, Le Royaume propose une approche bien plus réfléchie sur des problèmes sociaux politiques épineux dont le traitement est assurément problématique. Le film prend comme point de départ un attentat sanglant à Riyad en Arabie Saoudite, perpétré contre des Occidentaux. Plus de 100 morts et 200 blessés parmi les employés de la société pétrolière Gulf Oasis ainsi que leurs familles. Alors que les hauts dirigeants tergiversent autour du droit d'ingérence ou de territorialité, un agent du FBI Ronald Fleury, alias Jamie Foxx, aidé d'une fine équipe, arrivent à négocier un voyage discret de cinq jours afin de faire toute la lumière sur l'attentat et de mettre la main sur les terroristes. Arrivés en Arabie Saoudite, ils mènent leur investigation, aidés en cela par le colonel Al Ghazi. Leur présence dérange au point qu'ils vont devenir la cible du même groupuscule extrémiste ayant perpétré l'attentat.

D'emblée afin d'éviter tout problème d'authenticité et d'exactitude historique le jeune réalisateur Peter Berg prend le parti pris de « fictionaliser » son attentat même si celui-ci n'est pas sans rappeler celui qui éclata à Khobar en Arabie Saoudite le 25 juin 1996. Et c'est bien en cela que le métrage devient fascinant. Car il va nous dépeindre pas à pas l'enquête menée de main de fer par l'agent Ronald Fleury, qui l'amènera peu à peu à collaborer avec l'Etat arabe. Arabes et américains se rapprochent de manière utopique afin d'unir leurs efforts pour trouver les terroristes. Deux cultures, deux visages, pourtant tous deux pétris d'une même et unique humanité. Le rapprochement des différentes cultures sous couvert de l'enquête est abordé avec intelligence et retenue. Exit les figures caricaturales de chacun des deux camps. Exit aussi la vision manichéenne du monde et des caractères des protagonistes à l'écran. En véritable clef de voûte du film ce point de vue vient à être renforcé par la présence de Jamie Foxx en agent du FBI. Il va jusqu'à se lier d'amitié avec le colonel Al Ghazi. L'acteur noir tient le rôle principal d'un agent dont la couleur n'est pas vecteur d'une idéologie ethnique ou racine américaine. C'est avant tout un personnage qu'il incarne. Sa couleur de peau n'est pas fonction du rôle. Chose rare pour ne pas le souligner. De nombreux pays n'ont pas encore cette largesse d'esprit pour en faire de même, la France en premier.
[p1] [p2] [p3] [p4] [p5] [p6] [p7] [p8] [p9] [p10]














































