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INTERVIEW : SIDNEY LUMET

INTERVIEW : SIDNEY LUMET

Tout sur 7h58 CE SAMEDI LA - galerie de photos - Le 0000-00-00 00:00:00


    Venu en France pour assister aux hommages que lui rendent le Festival de Deauville et la Cinémathèque, le légendaire Sidney Lumet, auteur immortel de Douze hommes en colère, La Colline des hommes perdus, Serpico, Un après-midi de chien, Network, Le Verdict, Le Prince de New York ou encore Contre-enquête, a toujours la pêche et le prouve avec 7h58 ce samedi-là, superbe drame familial sorti hier dans nos salles. A 83 ans, il continue de se passionner pour son métier et semble, après un passage à vide d'une dizaine d'années, reparti sur les rails de l'inspiration. Conversation avec un vétéran du cinéma américain qui n'est pas près de jeter l'éponge.

7h58 ce samedi-là

Depuis 2000, on vous croyait définitivement retourné à la télé et voilà qu'en l'espace de deux ans, vous venez de signer deux films. Qu'est-ce qui vous a donné envie de revenir au cinéma ?
En fait, je crois que je n'ai jamais vraiment quitté la télévision ou le cinéma. Les deux n'ont jamais cessé de m'intéresser car ce sont deux moyens d'expression très différents, qui offrent des choses très variées...

Vous êtes quand même resté absent des écrans de cinéma durant 7 ans, entre Gloria et Jugez-moi coupable...
7 ans ??? Non, ce n'est pas possible, je ne crois pas être resté 7 ans sans faire un film... (il s'empare du dossier de presse du film et y consulte sa filmographie) Voyons voir, Gloria en 1999 et Jugez-moi coupable... en 2006 ! Vous avez raison... En fait, ce qui s'est passé, c'est que j'ai assisté entretemps à une démonstration de caméra Haute Définition. J'en suis aussitôt tombé amoureux. Avec ce nouveau matériel, il y a une solution pour chaque problème, c'est très différent des caméras 35mm, beaucoup plus maniable. Et en plus, ça vous permet de restituer ce que les choses sont réellement. En plus de 100 ans de cinéma, il y a eu de magnifiques images mais jamais on a réussi à capter le VRAI bleu du ciel ou le VRAI vert de l'herbe. Et si vous voulez faire un film naturaliste comme Un après-midi de chien, la première des choses à faire, c'est de faire sentir au spectateur qu'il s'agit d'une histoire qui est vraiment arrivée. Sans ça, il s'agira d'un tout autre film. Et, à l'époque, même si nous avons fait de notre mieux, nous ne sommes pas parvenus à restituer cet aspect visuel dans toute sa réalité. Le bleu du ciel est bleu mais ce n'est pas le vrai bleu du ciel. Et donc, quand j'ai découvert la vidéo HD, lors d'une démonstration chez Sony à New York, j'ai été estomaqué. C'était une scène de rue, à Broadway, et on y voyait quatre flics noirs. Et bien on voyait carrément les différentes nuances de peau de ces quatre policiers ! Et ça, c'est quelque chose qui est impossible avec la pellicule ! J'ai réalisé qu'il y avait là quelque chose de très intéressant et j'ai donc décidé de lancer la série Tribunal central. C'était une très bonne série, produite pour le câble, ça racontait le quotidien et les coulisses de la Cour de Justice de New York. Ça n'a pas été un carton, la série a duré à peine deux saisons mais ça m'a permit de me familiariser avec la HD. 7h58 ce samedi-là a été réalisé comme ça, je voulais avoir un style proche du reportage télé. J'ai utilisé deux ou trois caméras par scène et je pouvais souvent filmer une scène entière en une seule prise, en faisant mes champs/contre-champs en direct. Aujourd'hui, maintenant que j'ai découvert la HD, je ne veux plus travailler autrement.

7h58 ce samedi-là

Avez-vous suivi les travaux de vos collègues qui se sont eux aussi intéressés à la HD ? Je pense notamment à Michael Mann avec Collateral...
Bien sûr. Mann n'aurait jamais pu faire ce film en 35mm. Enfin, je veux dire qu'il aurait pu le faire mais que cela lui aurait pris neuf ans et qu'il aurait dû utiliser toute l'électricité de Californie pour arriver à un tel résultat. (rires) Avec la HD, non seulement vous avez besoin de moins d'éclairage mais en plus vous pouvez obtenir une image encore plus stylisée qu'avec la pellicule. La HD, c'est le nec plus ultra parce que tout est électronique, alors que pour la pellicule, il y a une part du processus qui est chimique. Et puis, les caméras sont plus petites, plus légères, c'est un vrai plaisir de tourner, une libération.

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HellJohn La classe bis    27 sep
popeyedoyle la classe    27 sep
 


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