

Concernant Le grand appartement, qu'est ce qui vous a mené vers cette « fable immobilière », ce film choral avec de nombreux croisements pas forcément liés au sujet de départ ?
Je pratique cette construction depuis le premier film. Je m'en suis aperçu quand je l'ai écrit, c'était un projet autobiographique, comme toujours pour les débutants. Scolairement, j'étais un très bon élève. J'avais une curiosité pour tout, surtout pour les lettres et le cinéma. J'étais commerçant, à l'époque à Fontainebleau il y avait la base américaine où je faisais du commerce. Pour résumer j'avais quatre casiers : un pour les livres -j'étais pensionnaire-, un pour l'étude, et deux pour les chewing-gums, le beurre de cacahuète, les blue-jeans , les disques etc. Tout cela conduit d'ailleurs au cinéma, puisque quand vous êtes pensionnaire vous êtes au milieu du groupe, et plus il y a de demande, mieux je me porte. J'avais écrit une histoire de ce type sans trouver le caractère qui pouvait être tout ça à la fois. En plus, je me suis ajouté des difficultés puisque je me mettais beau ! Si le personnage avait été un peu vilain cela aurait été plus facile ! Mais je n'aurais pas trouvé ma forme. Donc j'ai détruit le scénario initial et j'ai distribué le rôle principal à plusieurs personnes. Cela a donné une autobiographie collective plutôt qu'une biographie tout court. Et depuis j'ai fait ça avec un film sur deux, avec parfois des chemins de traverse qui enrichissent le film et lui donnent un ton de liberté qui me convient et m'est naturel.
Enrichir le propos de base...
Enrichir ou appauvrir ! Ce n'est pas suivre une ligne... Cependant j'aime bien les films qui suivent une ligne sans faire de détours. Le dernier film que j'ai fait, l'Heure Zéro, dont la structure est opposée à celle de Mon petit doigt m'a dit... là, vous avez une ligne à ne surtout pas quitter, la richesse est telle que vous n'avez pas besoin de la quitter.

C'est tout de même moins flagrant dans Mon petit doigt m'a dit que dansLe grand appartement, il y a quand même un départ de A pour aller à Z. Dans Le grand appartement, entre ce que vit Laetitia Casta, ce que vit Mathieu Amalric et ce que vit Pierre Arditi, qui finalement fait son « film dans le film », c'est beaucoup plus déstructuré...
En même temps, ce qui vous paraît être une proposition pour le cinéma, c'est ce qui a été vécu. On parle d'un grand appartement de 400m² dans lequel on a vécu. Avec Nathalie Lafaurie, qui est productrice du film, coscénariste et même la mère de ma fille qui joue la soeur de Laetitia Casta... C'est un film qui est très proche de ce qu'on a pu vivre, avec quelques exagérations...







































