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TEST DVD : FEAST, DU BON GORE SANGLANT

TEST DVD : FEAST, DU BON GORE SANGLANT

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Dans un bar isolé au milieu du désert, des clients paumés de toute sorte (on se croirait dans Une nuit en enfer, de Robert Rodriguez) sont soudainement confrontés à des monstres voraces qui veulent se nourrir de chair humaine. Sur cette trame aussi épaisse qu'une feuille à rouler, John Gulager a la bonne idée de se montrer aussi simple avec ses personnages, présentés directement comme de la barbaque. Passée une présentation furtive et étonnamment drôle des prochaines victimes, comme dans un jeu vidéo ou une émission de télé réalité où il est possible de les éliminer par simple coup de fil, le festin gore commence, s'affranchit de quelques références à la culture pop made in Tarantino et emmène illico dans sa liturgie horrifique limpide comme une équation à deux inconnues et conne comme un balai.


Les personnages sont interprétés par des seconds couteaux dont on connaît les visages et moins les patronymes: Henry Rollins, Balthazar Getty, Jason Mewes. Les effets spéciaux des bestiaux ont été supervisés par Gary Tunnicliffe (Candyman) et s'avèrent plutôt réussis compte tenu le budget. La grande qualité du film est de mettre immédiatement dans le bain, de ne pas jouer la carte sentimentalo-psy et d'aller droit au but. C'est l'une des raisons pour laquelle on s'ennuie pas: c'est gore, souvent drôle et parfaitement crétin. D'ailleurs, Feast regroupe toutes les choses de mauvais goût que l'on aime voir dans les séries B qui n'ont pas peur du Z: de l'énucléation, de la déjection, du vomi, de la grognasse qui hurle, des rednecks, du beau gosse pédant, des vers, de l'handicapé, du faux cowboy, du monstre dégueu, de la musique naze au générique de fin, de la lesbienne hargneuse. Autrement dit, c'est quand même plus stimulant qu'un film avec Cynthia Rothrock. Si bien qu'on est tellement en terrain connu que le film oublie par intermittences d'instiller de la vraie folie et de la grande surprise. Collant aux codes du huis clos, l'unité dramatique de lieu reste toujours la même: les personnages se réfugient dans un endroit isolé sans chercher à s'enfuir parce que la menace encercle le bar.

feast

C'est plus la naissance du film que son contenu éminemment sympathique qui justifie sa graine de culte : alors connu comme simple monteur et chef-opérateur, acteur obscur et fils de Clu Gulager (Le retour des morts-vivants), John Gulager s'est vu la possibilité de réaliser son film en participant à l'émission Projet Greenlight, parrainée par Ben Affleck et Matt Damon (Wes Craven pour la dernière saison), tous trois producteurs exécutifs, qui donne à un inconnu chanceux les moyens de réaliser son long métrage. Ici, c'est à un cancre nourri aux premières périodes trasho-gore de Peter Jackson (Bad taste) et Sam Raimi (Evil dead) que nous avons à faire. Reste à savoir s'il a suffisamment de talent pour persévérer dans le milieu. Ces réserves émises, profitez-en, c'est bien poilant.

Retrouvez le test en cliquant sur le lien ci-dessous :

Romain Le Vern

  

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