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INTERVIEW : CARINE TARDIEU (LA TETE DE MAMAN)

INTERVIEW : CARINE TARDIEU (LA TETE DE MAMAN)

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    Carine Tardieu, en réalisant son premier long-métrage, a également raconté un peu de sa vie. Celle de sa mère, de son adolescence, ses amours... Un film atypique, touchant, visuellement original et particulièrement attachant. Une réelle bouffée d'air dans le cinéma français. A l'occasion de la sortie en DVD de son film, la réalisatrice nous a parlé de ses goûts cinématographiques, ses influences mais également de la confection de son film. Avec une gentillesse déconcertante et un joli sourire, Carine Tardieu se confie...

la tete de maman

Quel a été votre premier choc cinématographique ?
Il y a différents chocs... Le premier doit être Bambi. Parce que la mère meurt au milieu, que je l'ai vu avec ma mère et qu'en sortant, c'est elle qui m'a raconté ça après coup, je ne m'en souviens plus, il paraît que je l'ai frappée ! En lui disant « t'as pas le droit de m'emmener voir ça, c'est dégueulasse ! ». Ca, c'est le premier choc, un souvenir de petit enfant. Après, le film qui a fondamentalement changé quelque chose chez moi, c'est E.T ! Je devais avoir neuf ans quand il est sorti et ça m'a totalement bouleversée. Je me souviens d'être rentrée chez moi, je savais très bien que c'était de la fiction, que E.T n'existait pas, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'aller voir sous le lit en disant « si jamais t'es caché là, tu peux sortir, je ne te ferai pas de mal... ». Je m'étais complètement identifiée au personnage d'Elliot et c'est un film que j'ai revu tant de fois... J'ai même fait mon mémoire de fin d'études à l'ESRA sur E.T, qui était assez nul au final mais je me souviens que je me laissais avoir à tous les coups. A chaque fois que je regardais le film pour une séquence en particulier, je laissais courir le film jusqu'au bout. Alors je devais recommencer à chaque fois... C'est un film qui me fait toujours autant pleurer, sur le rapport mère-fils en l'occurence, l'attachement à la mère ou le monde de l'enfance...Des thématiques qui me touchent très fortement. C'est LE film qui m'a donné le goût de l'évasion et de l'imaginaire.

A quelle période de votre vie vous avez décidé de faire du cinéma votre métier ?
Ca faisait très longtemps que j'avais envie de ça... Je fantasmais sur les stars, le monde du cinéma me faisait rêver. Je me réfugiais facilement dans les salles obscures pour échapper à ma vie à moi. Mais je n'osais pas... Je me disais que je n'étais pas à la hauteur, j'étais une ado assez complexée, je ne me sentais pas du tout de faire des études de cinéma au départ. C'était bien trop important pour moi... Ca me faisait un peu peur et en fait mon frêre aîné a commencé des études de cinéma. Il a travaillé sur des films et d'une certaine manière, je me suis dit « si lui, pourquoi pas moi ? ». J'ai donc suivi sa route et on a même travaillé ensemble. J'ai été son assistante quand lui était premier assistant. Aujourd'hui il a arrêté le cinéma, il est devenu éducateur donc ça n'a rien à voir, mais il m'a permis, comme une fusée, de décoller...

la tete de maman

Dans quelle mesure votre propre culture de cinéphile, votre expérience de « réfugiée dans les salles obsures », vous a t-elle aidée sur le tournage de vos courts et votre premier long, La tête de maman ?
Cinéphile... Je ne sais pas. J'ai une culture cinéma très populaire. Je n'ai pas été élevée à voir des films de Murnau et compagnie ! Je m'y suis intéréssée après, lors de mes études, mais je reste avant tout une spectatrice. C'est en ça que mon expérience m'a servie. Aujourd'hui encore, lorsque je vais voir un film, je ne suis surtout pas dans l'analyse... sauf quand le film est mauvais et que je n'arrive pas à me laisser porter. Du coup, quand j'écris, je suis ma première spectatrice et j'ai besoin que ce soit ludique, comme quand je vais au cinéma, j'ai besoin de me laisser aller. C'est très étrange, quand j'écris, il y a des moments où je me mets à pleurer ou à me marrer toute seule. Parce que je suis à fond dedans... J'écrivais des séquences sans avoir la moindre idée de la voie que j'empruntais...Je me laissais porter par mon instinct. Aujourd'hui, je suis beaucoup plus dans la réfléxion qu'avant. Je me juge, je veux être à la hauteur... Après je ne sais pas exactement ce que les films m'inspirent mais il y a des petites choses qui surgissent. Ce n'est pas pour rien que dans La tête de Maman, Lulu porte un sweatshirt rouge à capuche. C'est un hommage à E.T totalement assumé. Mais l'idée ce n'est pas de faire du Spielberg non plus, je n'en suis pas là (rires).

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