
HOLLYWOOD - IRAK : TEMPS MORT ?
Tout sur DANS LA VALLEE D'ELAH - La Critique - Photos - Le 0000-00-00 00:00:00
« Ils ne se rendent pas encore compte parce que rien n'est encore montré. Le grand public n'a encore rien vu de ce qui se passe en Irak ». C'est ainsi que Brian De Palma a répondu en conférence de presse au festival de Toronto, lorsqu'un journaliste étranger lui a demandé pourquoi le peuple américain ne s'était pas encore levé en masse contre l'offensive américaine en Irak comme il l'avait fait au moment de la guerre du Vietnam. Pour De Palma, le parallèle entre les deux guerres est évident. Au point que Redacted, son dernier film, soit un quasi remake d'Outrages. Même inspiration par des faits réels (le viol et le meurtre d'une jeune vietnamienne par des G.I dans son film de 89, celui d'une ado irakienne suivi du massacre par sa famille dans celui de 2007), même colère. Seule différence, Redacted a été tourné très peu de temps après l'atroce fait divers. Lors de sa sortie, Outrages a été un bide. Au vu des premières réactions en festival, Redacted risque de connaître le même sort. Pas forcément à cause de la mise en scène radicale du film, qui se sert des armes du docu-fiction en utilisant les supports médiatiques modernes (vidéo journal, images de sites Internet, séquences vidéos on-line) et refusant une trame narrative classique. De Palma a oublié de se poser une question fondamentale : le grand public a-t-il envie de voir la seconde guerre d'Irak en images ?

On aura du mal à dénombrer le nombre de films américains déjà sortis, en cours de tournage ou de production, à venir sur cette guerre. Des fictions, des documentaires, des films de studios ou indépendants, qui analysent cette guerre de front ou en abordant leurs conséquences domestiques. Tout le monde ou presque, s'accorde sur le bien fondé de ces films. Ils récoltent des standing ovations dans les festivals où ils sont montrés (cf. l'accueil public donné à Dans la vallée d'Elah au dernier festival de Deauville, digne d'un tonnerre d'applaudissements cannois). Mais aux USA, personne ne va les voir en salles. A peine 3,4 M$ de recettes pour le film de Paul Haggis après quinze jours sur les écrans. Si Un Coeur invaincu fait la une de tous les médias européens pour sa sortie, il ne dépassera pas les 10 M$ au box office US. Pour un budget de 16... De son côté, malgré la présence des stars les plus bankables du moment (Matt Damon, George Clooney), Syriana aura mis six mois pour péniblement dépasser la barre des 50 M$.












































