
CINE : L'ANNEE OU MES PARENTS SONT PARTIS EN VACANCES
Tout sur L'ANNEE OU MES PARENTS SONT PARTIS EN VACANCES - galerie de photos - Le 0000-00-00 00:00:00L'ANNEE OU MES PARENTS SONT PARTIS EN VACANCES
Un film de Cao Hamburger
Avec Michel Joelsas, Daniela Piepszyk, Germano Haiut, Simone Spoladore
Date de sortie : 12 décembre 2007

L'action se déroule à la veille de la coupe du monde de football de 1970. Tandis que les parents de Mauro, 12 ans, fuient la dictature, le gamin est envoyé chez son grand-père... qui a disparu et réussit à se débrouiller grâce à ses voisins.
De ce sujet pas vraiment neuf, Cao Hamburger tire un film d'apprentissage plutôt convaincant qui doit beaucoup à la présence de son jeune interprète principal, Michel Joelsas. De la situation politique, on sait très peu de choses. Juste l'essentiel. Là ou ailleurs... L'important, c'est que cette chronique adolescente se déroule dans le quartier juif de São Paulo. Pour avoir beaucoup oeuvré en direction du jeune public pour le petit comme pour le grand écran, Cao Hamburger a appris comment capter son attention. Son film repose sur un fort pouvoir d'identification du spectateur au jeune personnage principal, sans jamais chercher pour autant à se montrer plus malin que lui. Il évoque ainsi des références comme Les 400 coups de François Truffaut ou La faute à Fidel de Julie Gavras. Mauro n'est toutefois ni un révolté ni même un rebelle près à vivre dans la rue à n'importe quel prix. Confronté à une solitude à laquelle rien ne l'avait préparé, il doit improviser sa survie, même si le terrain n'est pas particulièrement hostile. Alors il prend la vie comme elle vient et s'introduit dans le monde des adultes avec la complicité involontaire de son voisin, un vieux juif qui se méprend sur son compte, au point de croire qu'il comprend le yiddish parce qu'il lui répond... en portugais.

Le Brésil que nous montre L'année où mes parents sont partis en vacances n'est ni celui des films militants du Cinema Novo militant de Glauber Rocha, ni la patrie folklorique de la samba et de l'érotisme chère à Ruy Guerra, ni même le pays pittoresque dépeint par Walter Salles. En fait, l'action pourrait se dérouler n'importe où... ou à peu près. C'est d'ailleurs son universalité qui rend cette histoire si universelle. On se fiche de savoir si le gamin retrouvera ses parents : tel n'est pas vraiment l'enjeu. C'est leur disparition brutale qui l'aide à grandir et à profiter de sa liberté. Jamais le scénario ne cherche à s'apitoyer sur son sort. Pour lui, cet été de liberté est celui d'une Coupe du monde historique : celle au cours de laquelle le roi Pelé est entré dans la légende. Or ce souvenir-là se révèle au moins aussi fédérateur que la folie du ballon rond et l'on comprend qu'une dictature puisse résister à tout si elle est en mesure d'assurer à son peuple ce pain et ces jeux si chers à la Rome antique. Tel est le message de ce film dénué de prétention qui a le mérite de trouver le ton juste pour rallier à la même cause enfants et adultes. Sans esbroufe, sans roublardise et sans effets spéciaux.
Jean-Philippe Guerand
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