GEORGE CLOONEY, DE L'ELEGANCE A L'ENGAGEMENT
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Il s'inscrit dans la même lignée que Lauren Bacall et Humphrey Bogart contre le maccarthysme, Marlon Brando pour les Indiens d'Amérique, Sean Penn ou Michael Moore contre la guerre en Irak, Angelina Jolie pour les réfugiés. Bref de ces gens aux engagements sincères, profonds, intègres, qui n'hésitent pas à mettre leur carrière et leur notoriété dans la balance. Et ils ne sont pas si nombreux. C'est une chose d'aller à des soirées de gala pour soutenir telle ou telle cause, c'en est une autre d'aller sur place, de se mettre en jeu, de mettre son nom en avant pour attirer l'attention sur la cruelle réalité du monde. Au milieu de l'industrie du rêve, c'est presque blasphématoire.

Acteur glamour
On ne donnait pas cher de la peau du séduisant docteur Ross, personnage marquant de Urgences, qui faisait le bonheur et inspirait bien des émois aux ménagères de moins de cinquante ans lorsqu'il passa au cinéma, notamment dans Le Pacificateur ou dans l'inoubliable -mais pas dans le bon sens du terme- Batman et Robin, véritable Everest du nanar. George revient donc de très loin après avoir tutoyé les abysses cinématographiques les plus profonds. Mais que voulez-vous, il était bankable et les blockbusters les plus dénués d'âme (ceux qui payent en général très bien), se disputaient ses charmes. Seulement, devant l'ahurissante nullité du résultat, même les plus abjects mâcheurs de popcorn ne se précipitèrent pas dans les salles.

Clooney devait donc soit songer à se cloitrer dans son hôpital pendant quinze saisons supplémentaires et vivre de cette sinécure, soit prendre une direction potentiellement plus risquée, mais qui lui correspondait mieux que ces grosses machines. Malgré une apparition intressante dans une Nuit en enfer de Robert Rodriguez et Quentin Tarantino, il n'avait pas au cinéma la place qu'il méritait. Après ces échecs, il pouvait se permettre de se faire plaisir et n'avait plus rien à perdre au cinéma. Il décida donc de suivre Steven Soderbergh, alors enfant prodige du cinéma indépendant US, et cela lança réellement sa carrière cinématographique et scella le début d'une belle amitié (pour reprendre la réplique finale de Casablanca) et d'une bien belle collaboration.

Hors d'atteinte montre Clooney dans un film Noir. Une ambiance classique, feutrée élégante. L'acteur a l'allure pour ces films, quelque chose de la classe d'un Cary Grant, discrètement ironique, toujours décontracté et potentiellement sombre. Il parvient enfin parfaitement à accorder son jeu avec ce que son physique dégage, à en imposer sa marque. Il aura des contre-emplois plus que convaincants (dans O'Brother ou Syriana), cependant, il ne cherche pas spécialement à casser son image d'acteur « classique ». Il a l'aura d'une star des années 50 dans beaucoup de ses rôles. Pendant longtemps, il a cherché sa place, on ne parvenait pas bien à le situer, il ne parvenait pas à convaincre.










































