
CINE : LA GRAINE ET LE MULET
Tout sur LA GRAINE ET LE MULET - galerie de photos - Le 2007-12-11 12:51:17LA GRAINE ET LE MULET
Un film d'Abdelattif Kechiche
Avec Habib Boufares, Hafsia Herzi, Faridah Benkhetache, Abdelhamid Aktouche
Date de sortie : 12 décembre 2007

Résumé ainsi, La Graine et le mulet ressemble au énième film consacré à un homme qui tente d'aller au bout de son rêve contre vents et marées. Le résultat est infiniment plus riche que ce postulat. Parce qu'Abdellatif Kechiche s'intéresse avant tout à l'humain et qu'il ne quitte pas d'un pouce ses personnages. Ceux-ci sont d'ailleurs ici particulièrement nombreux, mais il n'en néglige aucun pour autant. Il y a dans sa direction d'acteurs l'une des qualités les plus rares qui soient : la passion. On retrouve dans ce film les caractéristiques remarquées dans les précédents. À ceci près que cette fois le réalisateur passe au niveau supérieur et n'hésite pas à se mettre en danger en permanence. Le réalisateur y démontre qu'il est de la race des Pialat, par la vérité incroyable qu'il tire de ses protagonistes, mais aussi de celle des Pagnol pour la chaleur avec laquelle il dépeint ce microcosme. Il faudrait énumérer ici toutes les confrontations qui s'achèvent dans les larmes. Car Kechiche n'a pas peur de faire pleurer ses interprètes. Pourtant il ne sombre jamais ni dans le pathos ni dans le ridicule et ne perd jamais de vue son sujet : la recomposition d'une famille autour d'un projet.

La Graine et le mulet est une tranche de vie, un instantané d'un petit morceau de France en 2007 où les impératifs économiques entraînent des répercussions humaines profondes. Le film se déroule au sein de la communauté d'origine maghrébine, mais ici tout le monde parle français et vit à l'occidentale sans bouder pour autant le couscous traditionnel autour duquel se rassemble la famille, quitte à se serrer parfois pour accueillir les nouveaux venus. Les plus jeunes ont l'accent chantant du Midi et l'étranger désigné, c'est l'immigré de fraîche date prêt à tout pour s'intégrer à son tour dans ce pays de cocagne. Après avoir montré la jeunesse des banlieues, dans L'esquive, avec son langage et ses codes générationnels parfois exotiques, Abdel Kechiche élargit son panel, sans sombrer pour autant dans le reportage ethnographique. On échappe enfin à l'équation : cité = délinquance + déliquescence. Son nouveau film se situe à Sète, la ville de Georges Brassens, et ce n'est certainement pas un hasard. Il y a aussi dans la description de ce groupe, et notamment dans les scènes de café entre copains, quelque chose de la chaleur du cinéma de Marcel Pagnol et de son goût pour les personnages hauts en couleur confrontés à des situations mélodramatiques.












































