
DOCUMENTAIRE : PAYSAGES MANUFACTURES
Tout sur Paysages Manufactures - La Critique - Photos - Le 2007-10-22 05:22:29PAYSAGES MANUFACTURES
Un film de Jennifer Baichwal
Avec : Edward Burtynsky
Durée : 1h26
Date de Sortie : 28 novembre 2007

Exposé dans les plus grands musées internationaux, l'oeuvre de l'artiste photographe Edward Burtynsky est dominée par un thème récurent : la nature transformée par l'industrie. Tout au long de sa carrière, il a jusqu'à présent cherché à capturer cette transformation en lui donnant une beauté picturale permettant à ses oeuvres d'être des témoins valides et attractifs d'un monde en constante mutation. Alors que l'artiste décide de poursuivre son travail dans les tréfonds d'une Chine en profonde évolution, la réalisatrice canadienne Jennifer Baichwal va suivre son périple et apporter un supplément de témoignage, une sorte de making of de son travail.
Souvent impressionnant, parfois terrifiant, Paysages manufacturés apporte non seulement un aperçu des méthodes de travail de l'artiste, mais aussi et surtout un oeil sur une Chine cachée, mère d'une industrie aux proportions inimaginables, dont les grouillantes transformations influent sur la planète entière. Une partie du documentaire s'attarde d'ailleurs sur la construction du plus grand barrage au monde qui alla jusqu'à provoquer une altération dans la vitesse de rotation de la planète lors de son remplissage. Un barrage créant un réservoir de 600 Km de long, 600 Km de villages mis à terre par les habitants eux-mêmes afin de permettre au pays d'évoluer.

De chantiers navals en constants mouvements aux villes en perpétuelles évolutions, les photos de l'artiste, et par conséquent le documentaire lui-même, délivrent à nos yeux les entrailles d'un mastodonte séculaire qui lentement mais sûrement, grimpe vers les cimes d'une modernisation galopante terrifiante. Malgré le désir de l'artiste de fournir un travail plus documentaire que contestataire et de ne jamais associer à celui-ci un discours qui braquerait une partie non négligeable d'un public cependant toujours à l'affût de belles images, se dégage du travail de l'artiste une urgence et un plaidoyer sous-jacent qu'il est impossible d'occulter.

Présenté depuis son achèvement dans de nombreux festivals, le long-métrage emporta le prix du meilleur long-métrage canadien au festival de Toronto en 2006 ainsi que le Génie du meilleur documentaire 2007. D'une qualité évidente, de par sa diversité visuelle ainsi que celle de ses intervenants (ouvrier, nouveaux cadres de l'immobilier, chefs de chantiers ou responsables locaux) offrant un panel dévoilant des facettes hétéroclites couvrant pourtant une même dynamique de changement, le long-métrage de Jennifer Baichwal mérite à plus d'un titre que l'on si attarde, et rivalise de substance avec d'autres documentaires s'attardant sur le devenir d'une planète profondément affectée par une transformation d'une humanité en constante quête de confort, la caution artistique en plus. Citoyens du monde, voici une oeuvre indispensable.
David Brami







































