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INTERVIEW : XAVIER GENS (FRONTIERES)

INTERVIEW : XAVIER GENS (FRONTIERES)

Tout sur FRONTIERE(S) - galerie de photos - Le 2007-10-23 16:02:35


    Xavier Gens était présent au dernier festival de Sitges en compagnie de Karina Testa, premier rôle de Frontières, actrice charmante initiée au genre par le réalisateur. Grâce à lui, elle a pu découvrir Les chiens de paille, de Sam Peckinpah et la tétralogie Alien (son préféré étant le premier volet signé Ridley Scott). Xavier, lui, avoue un faible pour le second réalisé par James Cameron. Dans la liste des dvds qu'il lui a passé, le seul film auquel elle n'a pas accroché, c'est Détour Mortel, de Rob Schmidt, une série B très inspirée de Massacre à la tronçonneuse qui empruntait sur un mode mineur le sillage du survival. Les journalistes espagnols ont eu l'honneur de découvrir Frontières en avant-première. Lors de la projection de presse, l'accueil est très enthousiaste: les journalistes ont applaudit à plusieurs reprises en commentant l'action à voix haute. Le lendemain, ils découvraient A l'intérieur, de Alexandre Bustillo et Julien Maury. Pour eux, c'est la confirmation qu'il existe l'émergence d'une nouvelle vague horrifique lancée par Haute Tension, d'Alexandre Aja. Un cinéaste chanceux et doué qui en peu de temps a grossi la liste des cinéastes européens partis à Hollywood pour prendre les commandes d'une machine pop corn. Son remake de La colline a des yeux était une flamboyante réussite qui surpassait magistralement l'original de Wes Craven. Alors qu'on attend de voir comment Xavier Palud et David Moreau, réalisateurs de Ils, vont réussir à se dépatouiller avec leur remake de The Eye avec Jessica Alba, Xavier Gens, lui, a brûlé les étapes avec Hitman, l'adaptation du jeu vidéo qui pour l'heure est toujours en post-production avant une sortie française en fin d'année. Elle précédera celle de Frontières qui devrait avoir lieu en février 2008. C'est un cas assez unique qui pourrait booster ce petit film d'horreur très efficace, tourné avec un budget dérisoire, où l'on entre en enfer avec des personnages déboussolés, une atmosphère de petit matin flingué, des trognes patibulaires de cannibales nazis et des beaux restes bisseux. Du cinéma hargneux, rêche et bricolo, comme on aimerait en voir plus souvent.


Comment est né le film?
En 2002, quand il y a eu les élections présidentielles, le FN est passé au second tour. C'est quelque chose qui personnellement m'a un peu effrayé. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant de parler de ça. En plus, à l'époque, les politiques parlaient d'insécurité. Je voulais prendre des jeunes de banlieues en pleine émeute, un climat politicien où tu sens que l'extrême droite arrive petit à petit au pouvoir. A côté de ça, faire une métaphore: qu'est-ce qui se passe si ces jeunes rencontraient plus mauvais qu'eux? J'ai choisi la campagne française en imaginant un ancien nazi qui se serait caché dans cette ferme. Ensuite, est venue l'idée de faire un Massacre à la tronçonneuse à la Française avec les mêmes codes et le background typiquement français.

Ce qui fait que le scénario est très balisé. Vous n'aviez pas envie de bouleverser les codes?
Non. Le film se veut totalement dans les codes du genre. J'ai grandi en regardant tous les films d'horreur des années 70 et je me suis dit que ça valait le coup de rendre hommage aux films qui m'ont donné envie de faire du cinéma. En même temps, c'est mon premier long métrage. Il fallait exorciser le démon des influences: j'étais tellement nourri de ces influences-là qu'à un moment donné, je ne pouvais pas nier qu'elles m'habitaient lors de l'écriture. Il y avait aussi cette volonté de prouver qu'en France, on peut faire aussi bien qu'aux Etats-Unis. En plus, je trouvais que le remake de Massacre à la tronçonneuse par Marcus Nispel était un peu putassier sur les bords donc je voulais revenir au style de l'original.

Qu'est-ce que vous voulez dire par «putassier»?
Disons que ça reste très commercial. Il y a de la violence sans le climat poisseux de l'original. Quand on a travaillé sur le montage de Frontières, je voulais absolument qu'on retrouve ce climat un peu lourd. Comme il y avait dans le Hooper.


Vous reprenez d'ailleurs la fameuse scène du crochet.
En fait, j'ai repris ça du documentaire sur Ed Gein. Dans Massacre à la tronçonneuse, il empale la nana dans le dos. C'est hors champ parce qu'ils ne veulent pas montrer. Dans le documentaire, on voit les photos des flics montrant comment les victimes étaient accrochées. J'ai eu envie de les montrer ainsi dans Frontières car quand j'ai vu le documentaire, je me suis demandé pourquoi Hooper ne l'avait pas fait dans son film. Même si au final le résultat est beaucoup plus gore et spectaculaire, ça a le mérite de montrer une réalité. Celle d'un tueur en série tel qu'il a réellement été. En plus de ça, c'est logique. Il accroche vraiment ses victimes comme des porcs. Dans la ferme, vu qu'il les traite comme ça, ça valait le coup de jouer là-dessus.

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Weta N'importe quoi...    22 oct
 


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